Cameroun. Une démocratie qui dérange

Egalité civique, séparation des pouvoirs, pluralisme politique, tels sont les grands principes de la démocratie, principes auxquels ne déroge pas le Cameroun malgré de violentes critiques.

Anaïs Foumane

Au début de la décennie 90, les vents des libertés venus de l’Europe de l’Est ont bel et bien soufflé sur le Cameroun. Au prix de quelques troubles sociaux, le pays  a réussi sa transition du monopartisme vers le pluralisme politique. D’autres libertés fondamentales comme la liberté de la presse ont complété ce tableau. Pour la première fois depuis  la fin du multipartisme en 1966, le Cameroun organisait en 1992  des élections avec plusieurs partis en lice. L’ère de la démocratie était bien amorcée. La victoire du Rassemblement démocratique du peuple camerounais de Paul Biya face au Social democratic front de Ni John Fru Ndi s’est imposée. Après des contestations rituelles, ce dernier reconnaissait la victoire de son adversaire.  Cinq ans plus tard, soit en 1997, de nouvelles élections  consacraient une fois encore la victoire du RDPC, à l’issue d’un scrutin libre et transparent auquel ont pris part plusieurs formations politiques. En toute souveraineté, les camerounais dans leur droit absolu ont choisi avec qui il voulait continuer d’écrire l’histoire de leur nation. Le Président Biya bénéficiait d’une nouvelle mandature qui, à la faveur de la  constitution de 1996 devait le maintenir au pouvoir pendant sept années.

En 2004 tout comme en 2011, tous les ingrédients étaient réunis pour une alternance politique.  A travers les urnes, la voix du peuple s’est fait entendre  et le Président Biya a de nouveau été sollicité pour deux autres mandats. Tout en relevant des défis économiques importants, le Chef de l’Etat a procédé à la mise en place de toutes  les structures nécessaires à la vitalité de la démocratie. Au niveau législatif, la Chambre du Sénat est venu compléter l’architecture parlementaire en 2013. Depuis le début de cette année, la  Cour constitutionnelle assure la primauté effective de la constitution. Ainsi, si la démocratie est le régime par excellence de la séparation des pouvoirs,  de la prise en compte de la voix du peuple, Pourquoi le cas du Cameroun préoccupe-t-il tant certains acteurs de la communauté internationale ? Une question qui s’impose au regard de l’agitation observée en cette autre année électorale.

Le dérapage diplomatique de l’ambassadeur américain, n’est en effet que la face visible d’un iceberg. En parcourant le cyberespace, nouveau terrain privilégié d’un terrorisme d’un autre genre, des intentions de déstabilisation de la république du Cameroun sont de plus en plus affirmées. Plusieurs influenceurs se font le relais d’un discours  démagogue, antidémocratique  et haineux qui choque même déjà leurs plus fidèles abonnés. Un post de l’activiste Boris Bertolt publié en date du 31 mai sur Facebook laisse clairement entendre que les mercenaires du mouvement sécessionnistes ont acquis des lances roquettes pour intensifier leurs agressions. Le même post révèle qu’en réalité, ces terroristes ne souhaitent pas dialoguer et que le but ultime de leurs actions c’est de chasser du pouvoir le Président Paul Biya. Une ambition partagée par leurs suppôts internationaux qui financent  toute cette rébellion et font du lobbying pour se rallier le plus grands nombre de consciences et d’adjuvants. Mais alors, que fait-on de la volonté du peuple camerounais ?  Dans toute démocratie, les élections ne sont-elles pas le cadre idéal pour faire valoir ses opinions à travers le choix qu’on  porte sur les candidats ?   Ces questions en appellent d’autres et si elles ne nécessitent pas qu’on y réponde absolument, elles interpellent la conscience et la lucidité de chaque individu face aux véritables enjeux des crises qui s’abattent de concert sur le Cameroun.

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