Paul Biya, l’artisan de la paix

En 35 ans de règne, le Chef de l’Etat s’est forgé une réputation d’«homme de paix ».

Par Marlyse Abeng

« Je suis très critique envers Paul Biya mais je reconnais qu’il a toujours maintenu notre pays dans la paix. » Ces mots sont de Denis Nkwebo, journaliste au quotidien privé Le Jour. C’était au cours d’une émission dominicale de débat diffusée sur une chaîne de télévision privée au Cameroun. Comme ce journaliste engagé, Valentin Siméon Zinga, alors correspondant du service internet de Radio France internationale (RFI) au Cameroun, reconnaissait aussi les mêmes talents d’artisan de la paix au Président de la République. Dans un article publié le 24 juin 2005 sur « Bakassi : Yaoundé veut saisir l’ONU », il écrivait que « Le président Biya reste sur une ligne marquée par le respect du droit et l’option d’une résolution pacifique. ».  L’ancien directeur des rédactions du quotidien privé La Nouvelle Expression rappelait que « le Cameroun a annoncé cette option suite à des incidents à répétition survenus dans la péninsule camerounaise, au moment où le processus d’application de l’arrêt de la Cour internationale de justice, rendu le 10 octobre 2002, est bloqué. »

Ces postures identiques, et à des époques différentes, de deux critiques des options politiques de Paul Biya montrent combien ce dernier est attaché à la paix. « Le mérite [du Chef de l’Etat] d’avoir toujours prôné le dialogue et la paix dans des situations de crise », souligne pour sa part le Rdpc. Les actions les plus significatives de cette paix au cours de ses années d’exercice du pouvoir suprême restent la résolution pacifique du conflit frontalier avec le Nigeria au sujet de la presqu’île de Bakassi, la gestion des attaques de la secte terroriste Boko Haram à l’Extrême-Nord et des incursions des bandes armées centrafricaines sur le territoire camerounais à l’Est. A tout ceci vient se greffer la crise anglophone. Face aux exactions commises par certains de ressortissants de la RCA dans certaines localités de la Région de l’Est, Paul Biya a créé quelques unités de défense postées le long de la frontière avec le voisin centrafricain.

« Tous les coupables des violences […] seront punis par la loi », a plutôt annoncé Paul Biya dans son message à la Nation le 31 décembre 2016 pour apaiser les uns et les autres, à la naissance des violences armées dans les régions anglophones. Mieux, le Chef de l’Etat multiplie les actes de conciliation jusqu’à la libération des personnes désignées comme les présumés leaders de ces mouvements d’humeur sur fond de revendications sociales au départ, puis, politiques par la suite. A présent, l’heure est à la recherche des voies de sortie de cette crise par le dialogue et le respect de la légalité. Car, à la lumière de ces faits non-exhaustifs, il apparait que Paul Biya donnerait tout pour préserver le plus précieux acquis de son magistère, La paix.

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