Presse occidentale : mauvais augure en Afrique

Dans le sillage de leurs gouvernants condescendants, les médias occidentaux se sont inscrits ouvertement dans une dynamique déstabilisatrice sur le continent africain. Les colonnes alors réservées à l’Afrique ne sont encombrées que de nécrologie, de catastrophes naturelles en tout genre, de leçons de démocratie ou de guerres civiles, en cours ou parfois, à venir. À croire, pour le dernier cas, qu’ils ont recours à une boule de cristal afin d’interpréter le futur des états africains.

Charles Abena

Pour comprendre les agissements des confrères venus de l’Occident, peut-être faudrait-il effectuer un voyage dans le temps, et revisiter la Rome antique. Ici, les augures étaient des devins chargés d’observer le ciel et d’en communiquer les présages aux autorités afin de les aider dans l’orientation de la politique générale à appliquer. Et aujourd’hui encore, l’on a la nette impression que les médias occidentaux sont étroitement liés au déploiement impérialiste et néocolonialiste de leurs dirigeants en Afrique. La titraille qu’offre le jusque-là très respecté Washington Post en sa livraison du jeudi 31 mai 2018 l’illustre amplement, juste quelques jours après une sortie médiatique controversée de l’ambassadeur américain à Yaoundé. Le diplomate se fendait alors en donneur de leçons à l’endroit du gouvernement camerounais et notamment du Président de la République. Des propos embués de mépris que l’opinion publique nationale condamnait alors avec la plus forte détermination. Même à l’international, plusieurs voix s’élèveront avec énergie contre cet état de fait. Importe-t-il de rappeler ici que le journalisme repose sur un triptyque : « Informer-Eduquer-Distraire ». Ceci dit, l’on est tenté de réexaminer le projet des confrères américains qui n’ont rien fait de moins qu’annoncer une guerre civile au Cameroun, avec des précisions surprenantes dans la chronologie des évènements. Une implosion se produirait selon cet article du Washington Post à l’approche de la période électorale, corolaire d’une suite de préalables sociopolitiques et économiques mal gérés par le gouvernement.

Pour appuyer leur construction logique, les journalistes américains ressassent les évènements passés. Des faits qui, malheureusement, ne tirent pas toujours leurs origines d’une quelconque maladresse des gouvernements locaux, bien au contraire ! La crise économique et ses conséquences, Boko Haram dans le grand Nord, etc. Aujourd’hui, les revendications sécessionnistes des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, pourraient-elles représenter la flamme qui viendrait mettre le feu à une nation dont le désir fort de se redonner de l’allant sur le plan économique, est exprimé à travers des chantiers qui parsèment ses villes et ses campagnes ? L’analyse de ce journal a-t-elle tenu compte de la joie de vivre ensemble, de la consistance du concept d’unité nationale et même, de la capacité de résilience de ce peuple qui refuse depuis bien longtemps de céder sa stabilité et sa paix pour quelques fallacieux prétextes ? De quel côté a réellement penché la balance argumentaire du Washington Post au moment de la mise en route de ce contenu éditorial ? Légèreté dans l’appréciation du management ou alors décision libre ou sous pression, d’appuyer une politique interventionniste qui a déjà fait de nombreux dégâts sur le continent ?

Seulement, et dommage pour le Washington Post et compagnie, le pays que dirige Paul Biya n’est et ne sera jamais la Lybie, le Soudan, le Mali, la Côte d’Ivoire, etc. Plutôt, en interprétant l’évolution de la situation au Cameroun, les principaux défis à court et moyen termes sont en passe d’être relevés avec brio. Nous pensons aux échéances électorales et à la CAN 2019 en chantier.

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