Crise anglophone. Le lien Armée-Nation se consolide

Les forces de sécurité et de défense sont progressivement en train de gagner plus de place dans le cœur des populations des régions du Nord-ouest et du Sud-ouest.

Pierre Ngom

L’entrée en scène des forces de défense dans le combat que les groupes armés sécessionnistes imposent au Cameroun n’avait pas été accompagnée de tout le soutien qu’on attendrait en pareille circonstance. Des interrogations ont même fusé sur la solidité du lien Armée-Nation dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest. Elles reposaient notamment sur le fait que les attaques contre les symboles de l’autorité de l’Etat (forces de défense et de sécurité, autorités administratives, etc.) enregistrées dans ces régions ne pouvaient atteindre le seuil qu’elles ont connu «sans une dose de complicité, au moins tacite et passive, de la part d’une bonne franche de la population, laquelle au-delà de la crainte des représailles, se reconnaîtrait, en tout ou partie, pour de bonnes ou de mauvaises raisons, dans l’activisme violent des sécessionnistes», comme l’écrit l’internationaliste Alain Didier Olinga dans Honneur et Fidélité, le magazine des forces de défense camerounaise. Une situation rendant inévitable, selon ce conseiller technique au ministère de la Défense, l’embarrassante question de savoir si «l’armée n’est-elle pas en osmose avec la Nation dans cette crise ?».

Les images de symbiose entre les populations et les forces de défense venant de la commune d’Akwaya dans le Sud-ouest, en fin de semaine dernière, montrent que malgré la diabolisation dont elle est victime notamment sur les réseaux sociaux, l’armée est en train de gagner de plus en plus de place dans le cœur des populations de ces régions grâce à son professionnalisme. C’est d’ailleurs par des actions civilo-militaires ciblées à savoir, les soins de santé gratuits, la distribution de petits matériels de la vie pratique, l’investissement humain, la distribution de denrées alimentaires et les activités sportives (matchs de foot amicaux opposant le détachement 3e Bir contre les jeunes de la localité), que les forces de défense ont su ramener la confiance aux sein des populations d’Akwaya et ses environs à la grande satisfactions des autorités administratives, traditionnelles et religieuses locales.  Cette confiance s’est traduite par le retour massif des populations qui s’étaient massivement réfugiées à Amana au Nigeria, la visite de représentants de pays amis et surtout l’activation et l’encadrement d’un comité de vigilance par le Bir, une matérialisation du concept de défense populaire qui a notamment fait ses preuves dans la guerre contre Boko Haram à l’Extrême-Nord du pays.

On peut logiquement s’attendre que le lien Armée-Nation se consolide davantage. Par leurs propres actions (incendies d’écoles; rapts d’enseignants, de prêtres…; violes de femmes, raquettes, meurtres…), les sécessionnistes ont fini par convaincre les populations de la vacuité de leur projet.

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