Patrice Nganang au Congrès américain, l’imposture d’un ethno-fasciste

Celui qui appelle sans équivoque au génocide sur les réseaux sociaux est invité à s’exprimer devant une commission des droits de l’Homme…Paradoxe.

Anaïs Foumane

Le jeu trouble des Etats-Unis dans la gestion de la crise qui secoue depuis 2016 les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest se poursuit. Après la sortie téléguidée du diplomate Peter Henry Barlerin, Le pays de Donald Trump suscite de nouvelles interrogations par les choix douteux  de ses interlocuteurs.   Le 7 juin 2018, Patrice Nganang évoquera  « Le rôle des médias dans  la crise anglophone au Cameroun »  devant la commission Tom Santos des droits de l’Homme du congrès américain. Le 27 du même mois, son témoignage devant le comité de la Chambre des Affaires étrangères portera sur « Les racines de la crise anglophone au Cameroun ». Ces audiences que l’activiste Patrice Nganang, affiche désormais comme des trophées de guerre, peuvent à juste titre être présentés comme une imposture. L’idéologie défendue par ce dernier est essentiellement tribaliste.

À cet effet, la restitution qu’il fera de la crise dite anglophone ne peut qu’être biaisée et partisane. En effet, quel crédit accorder à un individu qui appelle ouvertement au génocide dans ses prises de paroles ? Sur les réseaux sociaux, les pages officielles de cet activiste rappellent douloureusement la tristement célèbre radio mille collines du Rwanda qui a nourri le génocide des Tutsi. Sa haine viscérale contre l’ethnie Bulu constitue l’essence de ses publications. Il qualifie à cet effet que l’armée camerounaise est une « milice Bulu » et invite les sécessionnistes à tuer les éléments de cette armée sans aucun état d’âme. D’ailleurs, c’est sans retenue qu’il se réjouit lorsqu’il est fait état d’assassinats d’un élément des forces de l’ordre et de sécurité dont le nom renvoie à cette ethnie. Toute sa rhétorique relève de l’anarchie, il prône  une transition par la violence.

Toutefois, Patrice Nganang ne pourra tromper  que ceux qui veulent bien se laisser tromper. Ce qu’il qualifie de « milice Bulu » continue de s’illustrer comme une armée professionnelle, nationale et républicaine au service de la Nation. À l’interne comme dans le cadre des missions de maintien de paix de l’ONU, l’Armée camerounaise fait ses preuves  et les considérations ethniques et tribales n’ont jamais été le fondement de son action. La guerre contre Boko Haram dans l’Extrême-nord a donné à voir une armée unie, engagée contre le terrorisme, et soucieuse de la protection des personnes et des biens. Les règles d’engagement dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest sont les mêmes, et c’est faire preuve de mauvaise foi que de parler d’une milice qui procèderait à une épuration sur la base linguistique. Ce passage devant la commission des droits de l’homme du congrès américain est une autre curiosité qui met simplement en exergue la volonté déstabilisatrice de certains acteurs de la communauté internationale. Cependant, le Cameroun c’est le Cameroun, et même l’agitation du génocidaire et opportuniste Patrice Nganang n’aura pas raison de l’unité de cette belle Nation.

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