Conflits et ingérence : en Afrique, l’ONU brille par ses ratés avec des missions de  paix

Les succès des missions de paix de l’ONU en Afrique se comptent sur les doigts d’une seule main et se perdent dans la mémoire, tant ils remontent à une époque révolue. Aujourd’hui, malgré le polissage médiatique dont bénéficient ces missions, les faits sont têtus et ceux-ci laissent entrevoir plusieurs scenarii d’impasse.

Les États africains sont parmi les plus jeunes au monde. Pourtant, ce continent est celui  qui a connu le plus grand nombre de conflits armés au cours des dernières décennies. Il représente à cet effet un terrain privilégié pour les interventions onusiennes. On garde en mémoire, la mission au Congo-Léopoldville plus ou moins réussie pour ce pays à cette époque, la mission en Angola mais aussi au Rwanda. Pour ce dernier pays, la débâcle onusienne est historique. Leur présence n’a pas empêché le massacre de 500.000 personnes. De même, depuis deux décennies, la  Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (Monusco) s’éternise et n’a pas encore réussi à désarmer les nombreux groupes rebelles  qui secouent certaines régions de ce vaste pays. Un pays qu’on dit souvent au bord de la crise humanitaire or, ces missions de l’ONU ont également vocation à protéger les civils. Au sujet de cette mission, le Président Joseph Kabila déclarait en janvier 2018, « qu’il est évident au regard du bilan de la Monusco, que leur mission première c’est de s’éterniser dans ce pays ».

Les missions de paix  sous le couvert de l’ONU ont davantage tendance à nourrir les conflits plutôt qu’à  les assécher. La  Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (Minusca) manque quotidiennement de plonger le pays dans un autre cycle de violence. L’une de ces opérations au quartier Km 5 de Bangui a débouché sur un bain de sang le 1er mai 2018. Malgré la présence de l’ONU, le pays n’a pas renoué avec la stabilité et les chefs de guerres continuent de semer la terreur. Au Mali, le bilan est tout aussi mitigé, la Minusma doit relever le défi de se protéger elle-même et de  protéger les civils contre les agressions des groupes djihadistes qui ne font aucun cas, du Droit international humanitaire. Le terrorisme prospère dans ce pays du Sahel et même le G5 Sahel cherche toujours la bonne formule. Au Soudan du Sud, la Minuss est le témoin privilégié d’un pays qui se désagrège avant d’avoir eu le temps de célébrer sa jeune indépendance. Les interventions de l’ONU dans les conflits en Afrique laissent toujours un gout d’inachevé. Ces missions de restauration de stabilisation de protection sont diluées par les intérêts égoïstes des pays membres du Conseil Sécurité qui ont trouvé en cette institution un nouvel instrument d’influence. L’ONU devrait apprendre de ses erreurs et se réinventer pour donner à l’Afrique une chance de se prendre définitivement en main. C’est pourquoi, les présages qui semblent être prédictifs à une intervention Onusienne au Cameroun n’ont rien d’un trophée de guerre. L’on connaît très bien le rôle que jouent les médias dans la préparation des opinions et dans l’intoxication des perceptions. France 24 qui s’est attelée à produire un documentaire fantaisiste faisant parler l’ancien leader de l’opposition Fru Ndi qui envoie directement Paul Biya au TPI, manipule à souhait ce centre de gravité, comme il s’était d’ailleurs engagé de le faire pour certaines crises en Afrique, dont on connaît les résultats aujourd’hui et qui sont une honte pour le monde libre. Mais le Cameroun c’est le Cameroun…

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