Droit à l’éducation : les sécessionnistes défient la communauté internationale

Alors que les organisations spécialisées du système des Nations Unies appellent à la cessation de la violence envers les écoles, les élèves et les enseignants, les séparatistes transforment les établissements scolaires en base militaire.

Pierre Ngom

C’est un véritable pied de nez à la communauté internationale. Au lendemain de la condamnation de « tous les meurtres et enlèvements de travailleurs de l’éducation et tous les actes de destruction des infrastructures scolaires et de violence perpétrés contre les élèves, les écoles et leur personnel » par l’Unesco et l’Unicef, deux organisations spécialisées des Nations-Unies en charge de la protection des droits des enfants, les sécessionnistes ont publié sur les réseaux sociaux une image montrant une école qu’ils ont transformée en base militaire. Non content de priver les enfants du droit à l’éducation, les séparatistes les enrôlent aussi dans leurs différentes armées. On voit en effet sur une image, un gamin exhiber une lance-roquette. Une autre preuve des violations quotidiennes des  droits de l’Homme dont se livrent les groupes armés sécessionnistes.

Le Représentant du Fonds international des Nations Unies pour l’enfance au Cameroun, Jacques Boyer, et le directeur du bureau régional de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture pour l’Afrique centrale et le Représentant pour le Cameroun, Salah Khaled, ont fait une sortie conjointe le 1er juin pour condamner la violation du droit à l’éducation des enfants par les sécessionnistes.  Ils ont exhorté les ravisseurs à libérer immédiatement et sans délai tout le personnel éducatif qui a été enlevé dans les régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest du Cameroun. Mais comme ces terroristes nous ont habitués depuis le début de la crise, personne ne trouve grâce. Une attitude qui empêche tout dialogue et qui a obligé les pouvoirs publics à déployer les forces de sécurité et de défense afin de sécuriser les personnes et les biens et de protéger l’intégrité territoriale du pays.

Une posture du gouvernement que semble comprendre aujourd’hui l’Unesco et l’Unicef. «Aucune intimidation ne devrait être tolérée par tous les partenaires bien intentionnés qui cherchent à promouvoir les droits des enfants à une éducation de qualité dans un environnement sûr, protecteur et sécurisé. Aucune raison ne peut être avancée pour légitimer les attaques injustifiées contre les enfants», ont dit ces deux institutions spécialisées du système des Nations unies dans leur communiqué. Depuis le début du conflit en novembre 2016, les écoles des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun ont été prises pour cibles. A ce jour, 40 écoles ont été incendiées. Environ 33 000 élèves ne vont plus à l’école plus pour des raisons de sécurité, d’attaques et d’enlèvements. Plusieurs écoles n’ont pas fonctionné au cours des deux dernières années scolaires successives (2016-2017 et 2017-2018).

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