Crise anglophone. Les contradictions de la communauté internationale

D’un côté, elle critique le déploiement des Forces de Défense et de Sécurité dans les régions en crise ; de l’autre, elle pointe une prétendue faiblesse de la capacité des mêmes forces à assurer la protection et la sécurité des populations.

Pierre Ngom

Dans son « plan de réponse d’urgence » à la situation humanitaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, le Bureau des Nations Unies pour la Coordination des affaires humanitaires (OCHA), fait des déclarations qui laissent pour le moins songeurs. «On note … la faiblesse de la capacité de réponse des forces de maintien de l’ordre à assurer la protection et la sécurité des populations, plus particulièrement des femmes et des filles touchées par les violences basées sur le genre (VBG)». C’est pourtant la même communauté internationale qui travaille à limiter l’action des Forces de Sécurité et de Défense déployées dans les régions en crise. Le 11 mai dernier, remettant deux aéronefs à l’armée camerounaise, l’ambassadeur des Etats-Unis au Cameroun a par exemple insisté pour que ce matériel, très efficace dans la collecte du renseignement, ne soit pas utilisé dans le Nord-Ouest et Sud-Ouest alors qu’il aurait aidé les forces de défense et de sécurité à agir efficacement dans la protection des populations.

Cette communauté d’intérêt pousse même le vice très loin en affublant l’armée camerounaise de tous les noms d’oiseaux alors qu’elle essaie de faire ce travail de protection des civils dans le respect de la règlementation y afférente. On n’a par exemple pas oublié cette sortie malheureuse de Henry Peter Barlerin, accusant sans la moindre preuve, le gouvernement camerounais «d’assassinats ciblés, de détentions sans accès à un soutien juridique, à la famille ou à la Croix-Rouge, et des incendies et pillages de villages».

Tout se passe donc comme si on voulait absolument discréditer les institutions camerounaises ; démontrer à tout prix que l’Etat a failli pour justifier le déploiement d’une force d’interposition, ou une « ingérence humanitaire», comme on entend déjà certains illuminés l’évoquer dans les réseaux sociaux. Les Camerounais ne se laisseront pas faire. Eux, qui ont vu comment le même procédé a détruit l’Irak de Saddam Hussein, la Libye de Mouammar Kadhafi ou encore la Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo. Comme le rappelle Joseph Janvier Mvoto Obounou, journaliste principal hors échelle, « à toute velléité de destruction de leur pays, les Camerounais, dans leur écrasante majorité, savent rappeler au-delà de la différence de leurs obédiences politiques, que « le Cameroun c’est le Cameroun» ». En effet, le peuple Camerounais n’est pas dupe. Il est bien conscient que le multilatéralisme pour lequel le président Paul Biya a opté et qui lui vaut l’inimitié de la communauté d’intérêts, vise à lui donner un meilleur vivre.

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