Crise anglophone. Les sécessionnistes tournent le dos au dialogue

Comme c’est le cas depuis le début de la crise dans les régions du Nord-Ouest  et du Sud-Ouest, les sécessionnistes refusent la concertation.

Anaïs Foumane

Comme il est de coutume dans le cadre de la crise dite anglophone, les radicaux qui se sont inscrits dans un mouvement sécessionniste tournent en dérision toutes les tentatives visant à apaiser les tensions et à régler durablement les problèmes soulevés. Ces dernières heures, les plateformes virtuelles de la propagande sécessionniste critiquent vigoureusement les derniers travaux de la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme. Cette commission, en tournée d’écoute et de dialogue à Bamenda pour la période 31 mai – 1er juin 2018, a produit un document qui condense les premières revendications des populations. De ces revendications ressortent des problèmes de gouvernance, de représentativité, de développement. Les discussions ont également porté sur la forme de l’Etat. A cet effet, les contributions des participants ont suggéré un débat sur le fédéralisme. La réaction des radicaux suite à cela est aussi violente que les agressions qu’ils commettent sur les populations. Selon eux, il n’est nullement question d’un débat sur le fédéralisme étant entendu que leur territoire est souverain depuis la proclamation d’indépendance symbolique du 1er octobre 2017. Ainsi, « la restauration de l’indépendance d’ambazonie est non négociable ». C’est avec le même esprit qu’ils critiquent l’idée du retour de la dépouille de l’ancien Président Ahmadou Ahidjo, un fait dont ils se sentent étrangers et qui n’a pas d’impact sur le combat pour la restauration de l’ambazonie.

En somme, Cette autre main tendue du gouvernement afin de créer un cadre de dialogue se heurte à un mur et surtout, met en exergue la mauvaise foi de ceux qui ont toujours prétendu n’être pas suffisamment écoutés, ou intégrés dans la gestion du pays. Ce refus de dialoguer devrait interpeller tous les observateurs qui systématiquement condamnent la démarche du gouvernement dans la gestion de cette crise. Cette démarche a toujours été conciliante, respectueuse et soucieuse d’un règlement dans la durée des revendications socio-économiques soulignées en octobre 2016. Des mesures économiques, sociales, et même politiques ont été apportées bien avant que la réponse militaire ne s’impose. Les sécessionnistes, n’ont jamais eu à cœur de dialoguer, leur objectif étant de créer les conditions de partition du Cameroun. Il n’est donc pas surprenant qu’ils qualifient d’illégitime, la commission Musonge et critiquent déjà, la visite annoncée du Footballeur Samuel Eto’o Fils dans ces régions. Les sécessionnistes sont hostiles à toute forme d’apaisement, et contrairement à ce qu’ils laissent croire, ils sont davantage bourreaux que victimes. Ils passent pour être des peuples en détresse humanitaire, afin s’attirer la sympathie de la communauté internationale. Ils s’attèlent par la manipulation, la désinformation à semer la confusion dans les esprits les plus lucides et souhaitent entre autres, rendre le Nord-ouest et le Sud-ouest ingouvernables.

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