Logistique des bandes sécessionnistes. Trouble sur les origines

Parti sur des bases de revendications syndicales, avec notamment des enseignants puis des juristes, ce que l’on nomme aujourd’hui crise anglophone a pris une tournure subite et totalement inattendue, avec l’entrée en scène des bandes armées. Un scénario qui impose moult interrogations sur le carnet de route de ce qui, hier encore, pouvait s’apparenter à un mouvement d’humeur ou à une revendication légitime, comme dans toutes les démocraties.

Charles ABEGA

Depuis plus d’un an donc, les Forces de Défense et de Sécurité camerounaises ont un nouvel ennemi à savoir, des bandes armées qui se revendiquent de la république fictive de « l’ambazonie ». Des voyous qui, malgré leur organisation puérile, donne tout de même du fil à retordre aux forces loyalistes qui doivent désormais s’échiner à sanctuariser deux régions sous des braises non moins ardentes de ces hommes embusqués, décidés à établir un nouvel ordre dans cette partie du territoire. Ils agissent avec une violence incomparable dans les localités surtout isolées, prenant en otage des populations surprises et sous la menace d’armes pas toujours artisanales. D’ailleurs, même les éléments de l’armée républicaine se heurtent très souvent à des dispositifs inattendus sur ce type de théâtres d’opérations. Là où l’on se serait attendu à un outillage artisanal, l’on découvre un attirail de feu moderne, avec des armes dernier cri qui accompagnent les EEI (Engins Explosifs Improvisés), qui oblige l’armée camerounaise à recourir à tout son professionnalisme pour rétablir l’ordre. Mais d’où vient tout cet arsenal et avec quels fonds les obtiennent-ils ? La plage interrogative aurait un début de solutions avec la mise à nu d’un réseau de contrebande tenu par ces voyous, et par lequel sont écoulés des produits contrefaits à l’instar du carburant, de la cigarette, des médicaments et autres pièces automobiles. A ceci s’ajoute sur le plan local, le rançonnement des populations, une source de financements à considérer, avant l’apport de la diaspora à l’international.

Revenons à la genèse de cette épopée dramatique qui ensanglante une fois de plus le territoire camerounais, semant trouble et désolation au sein des populations aussi bien dans les deux régions directement impliquées que dans la nation toute entière. Les terroristes procédaient alors par embuscades, surprenant très souvent les éléments de Forces de Défense parfois en patrouilles ou à des postes de contrôles, emportant dans leur fuite armes et munitions. Un butin qui a contribué à renforcer leur équipement sommaire initialement constitué de fusils de chasse et d’armes artisanales. Et une fois le conflit corsé, des soutiens et autres leaders cachés en majeure partie dans la diaspora entreront en jeu. Des réseaux financiers, des couloirs mafieux pour faciliter le convoiement des armes depuis l’étranger, et des mercenaires entraînés pour encadrer les hommes sur le terrain dans la manipulation des nouvelles acquisitions. Un flux de contributions visiblement harmonisé par les dirigeants du Southern Cameroon National Coucil (Scnc), une entité politique revendiquant la sécession pure et simple de la partie anglophone du pays. Selon Interpol et les autorités camerounaises, la logistique militaire ainsi financée serait donc convoyée depuis les Etats-Unis d’Amérique, le Canada, plusieurs pays européens, l’Afrique du Sud et le Nigéria pour ne citer que ces pays-là, nettement identifiés et hébergeant de fortes colonies de ressortissants des régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest.

Malheureusement pour les sécessionnistes, les services de renseignements camerounais sont d’une efficacité impressionnante. C’est ainsi que les institutions de Yaoundé ont pu mettre à mal plusieurs plans de ces scélérats, ramenant paix et stabilité dans plusieurs localités.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *