Crise anglophone. La main tendue de Paul Biya

En plus d’avoir présidé dimanche dernier un conseil de défense dans sa résidence à Mvomeka’a, le chef de l’Etat a dépêché dans les régions concernées, Peter Mafany Musonguè.

Par Marlyse Abeng

La radicalisation des revendications sécessionnistes prônées par les tenants de la République imaginaire « d’Ambazonie » à partir des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, a presque jeté un coup de froid sur la construction de l’intégration et de l’unité nationale, et du maintien de la paix au Cameroun. Des bandes armées écument et menacent la paix dans les deux régions concernées par ce conflit. Pourtant, « Nous devons y veiller, pour ne pas laisser ces acquis s’effondrer. Ça fait mal au cœur de voir comment, en l’espace de quelques mois, on peut commencer à s’éloigner de l’objectif qu’on s’est fixé au départ », regrette un sexagénaire. Une réunion extraordinaire du conseil de défense très restreint s’est ainsi tenue à Mvomeka’a, dans la résidence du Président de la République. A l’issue de celle-ci, Paul Biya et ses collaborateurs ont arrêté des mesures d’apaisement. Après avoir redit sa détermination à rétablir l’ordre et l’autorité de l’Etat dans le Nord-Ouest et au Sud-Ouest, le chef de l’Etat envisage rapidement de rassurer les populations et n’exclurait pas la possibilité de libérer tous les prisonniers en vue d’une amnistie pour aller vers la paix.

Il est ainsi préconisé une aide non chiffrée, en faveur des populations meurtries. Un texte interdisant aux forces de défense et de sécurité de se faire justice et de filmer les arrestations et autres opérations de terrain, serait en cours de signature. Dans le même ordre d’idées des mesures d’apaisement et de sortie de crise, la République attend du leader autoproclamé de l’Ambazonie, Sisiku Ayuk Tabe de demander aux populations armées de déposer les armes et de revenir sur la table des négociations. Les autorités camerounaises disent leurs bonnes dispositions à rencontrer le président autoproclamé de l’Ambazonie. Si ces informations sont à prendre avec quelques précautions, il n’en demeure pas moins que le président Paul Biya, en bon apôtre de la paix, ne ménage aucun effort pour voir son pays revenir sur les sentiers de la paix qui faisaient du Cameroun, un exemple en Afrique.

Sortie définitive de crise

La main tendue du président est la preuve que le pouvoir central est loin d’être sourd. Au contraire, il travaille à la sortie définitive de cette crise qui dure déjà trop longtemps, au goût du chef de l’exécutif camerounais. Tout en s’inscrivant dans cette recherche de solutions en vue d’une sortie de crise pacifique, le président de la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme (Cnpbm) du Cameroun, Peter Mafany Musongue a rendu publique à travers un communiqué le mardi 05 juin 2018, le chapelet des principales revendications de la communauté anglophone à l’endroit du gouvernement. Selon le texte, la communauté anglophone souhaite notamment la création de conditions favorables au retour des réfugiés internes dans leurs localités respectives, la recherche urgente de solutions aux problèmes de fond posés par les protestataires, l’initiation d’un dialogue franc, sincère et inclusif avec les Anglophones, y compris ceux de la diaspora en vue de solutions durables.

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