Le Cameroun : le pivot de l’Afrique Centrale

La crise due à la chute des prix des matières premières plombe depuis des décennies, l’envol économique du bloc Cemac. Une réalité que viennent lester considérablement les multiples crises politico-sécuritaires qui parsèment la sous-région. Seulement, malgré ce tableau bien sombre, il y a le Cameroun qui semble à lui tout seul, représenter le phare dans la tempête.

Charles ABEGA

S’il n’avait pas existé, il aurait fallu créer le pays de Paul Biya. Il est à lui tout seul le point de départ et la rampe de lancement des économies des pays voisins et notamment ceux de la Communauté Economique et Monétaire d’Afrique Centrale (CEMAC). Sur les cinq pays qui l’entourent dans la sous-région, il n’existe aucun qui puisse clamer une parfaite autonomie dans sa quête d’épanouissement économique, ignorant l’apport du Cameroun dans l’ensemble de ses efforts. Le Tchad, pour faire évacuer sa production de pétrole qu’exploite l’américain Exxon Mobil, a dû compter sur la contribution du Cameroun. Un pipeline long de 1070 km relie alors depuis juillet 2003 les champs pétrolifères tchadiens de Bolobo, Miandoum et de Komé près de Doba dans le sud du pays, à un terminal d’exportation à 11 km au large de Kribi, dans le sud du Cameroun. 883 millions de barils de pétrole à évacuer en vingt-huit ans et qui devront faire du pays du Président Idris Déby Itno, le 4e producteur africain.

183 millions de Fcfa ! Voilà le budget annoncé en juin 2017 pour les travaux du futur grand marché d’Aboulou, une localité à la frontière entre le Cameroun et le Gabon. L’ouvrage entièrement réalisé par le gouvernement du Cameroun, est en fait un hub de ravitaillement important pour le Gabon, comme le marché de Kyé Ossi l’est déjà pour la Guinée Equatoriale. Des dispositions prises pour approvisionner ces deux pays frères, désavantagés par l’enclavement en hinterland. En direction de la République Centrafricaine et du Congo, la démarche est quasiment la même. A travers des corridors modernes achevés ou par des axes en cours de construction, le Cameroun irrigue les économies des peuples frères et voisins, avec des incidences économiques réciproques à chaque fois, des deux côtés de la frontière.

Sur le plan sécuritaire, aucune crise sous régionale qui n’ait connu une contribution militaire significative du Cameroun, dans le but de rétablir la paix et la stabilité. Les exemples sont légion entre le Gabon, la RCA ou encore le Congo, avec à chaque fois des résultats probants et appréciés.

Voilà quelques faits d’arme pour le pilier d’un sous-ensemble continental dont l’énorme potentiel minier, les belles réserves pétrolières et la très enviée position géostratégique sur l’Atlantique, nourrissent chez les prédateurs occidentaux, un appétit gigantesque. L’on peut donc naturellement comprendre pourquoi le Cameroun est sujet à autant d’attaques. C’est donc une adversité naturelle qu’entretiennent toutes ces grandes puissances depuis des décennies voire des siècles, qui s’exprime encore aujourd’hui au travers de ces intentions interventionnistes qui fusent, depuis le début de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Pour contrôler la manne Cemac, il faut tenir le Cameroun. Seulement, il faut détruire au passage toute la résilience d’un peuple, le professionnalisme et l’abnégation d’une armée, puis la volonté politique qui porte ce tout.

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