De l’anarchie au totalitarisme. La vicieuse toile tissée par les sécessionnistes

Ils veulent une république mais au regard de l’attitude affichée par les militants séparatistes, on est tous en droit de se poser des questions. Ont-ils seulement idée de la notion d’Etat, de République ? Qui composerait cette République en dehors des leaders ? Avec quelles méthodes gèreraient-ils leur peuple ? Bien malin serait celui qui nous apporterait une esquisse de réponse.

Charles ABEGA

Depuis plus d’un an donc, les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun sont en proie à des actes de terrorisme. Des voyous se présentant comme militants du fédéralisme, kidnappent, violent, rançonnent, intimident, vandalisent des infrastructures publiques et privées, pillent des villages, assassinent lâchement des représentants des Forces de Défense et de Sécurité sans oublier les responsables administratifs surpris dans l’exercice de leur fonction, tout ceci au nom d’un fédéralisme mâtiné de relents d’un tribalisme non-feint. Il s’impose par conséquent là, plusieurs raisons d’interloquer plus d’un. Si la République n’est pas une propriété privée mais bien la propriété collective de tous et qui devrait rester accessible à tous ses citoyens, comment définirait-on celle-ci, encore illusoire dans l’imaginaire de certains compatriotes oisifs et sans repères ? Dans tous les cas et tout constat fait, l’on est pas bien loin d’un totalitarisme caractérisé. Sinon pourquoi intimider voire assassiner, tous ceux qui ne partagent pas les mêmes aspirations et idéaux politiques que vous ? Comment vouloir décider, sans aucun mandat du corps social comme requis dans cette forme d’organisation politique, à la place des populations à quelle heure on peut se rendre à l’école, au marché, à l’église, etc. ? La tolérance, la laïcité, et autres notions portant sur les libertés individuelles n’auraient aucun avenir dans cet Etat au cas où, par le plus foireux des hasards, la démarche sécessionniste viendrait à réalisation.

A en juger par leurs comportements, les leaders sécessionnistes ambitionneraient tout simplement de s’accaparer la totalité du pouvoir réservé à l’Etat, sans aucune limite comme dans un Etat de droit, pour plonger dans un totalitarisme exacerbé. Du coup, même en cas de fédéralisme effectif, le pouvoir central aurait de sérieux problèmes pour accéder à la coordination de ses activités dans cette partie de la république. Et en cas de sécession radicale, il est clair que les institutions de Yaoundé auraient nettement abandonné une partie de son territoire à des scélérats aux ambitions sur-vitaminées par une déshonorable diaspora, elle-même manipulée par des néo-colons occidentaux, pour qui le Cameroun reste un écrin précieusement fourni à conquérir, après les différents épisodes pré-indépendances au bout desquels, par la force des choses, le pays n’a pas réellement pu être la chasse gardée d’une quelconque puissance.

Alors sortons du rêve. La décentralisation est bel et bien en « cours de téléchargement » comme le disent aujourd’hui les plus jeunes. Et tout est réuni pour que cette nouvelle forme de l’Etat vienne donner un éminent coup de fouet à la marche vers l’émergence.

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