Crimes et dégâts des bandes sécessionnistes. Qui paiera les factures de la reconstruction ?

Si les Forces de Défense et de Sécurité camerounaises stabilisent progressivement et considérablement les régions en crise du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, le bilan qui se met à jour est plutôt écœurant. Celui des dégâts matériels, de la décrépitude morale, du tissu social désuni, du drame de l’humain brisé, violé, fragilisé. Et le questionnement s’impose donc quasi naturellement : qui assumera les réparations ? Qui règlera les factures ?

Charles ABEGA

Depuis la chute du Guide libyen Mouammar Khadafi en octobre 2011, la Lybie est assimilée à un réel désastre humain, un chaos à ciel ouvert. Déjà, les armes ne parviennent toujours pas à se taire que les commanditaires du désastre, aujourd’hui, s’érigent en potentiels reconstructeurs d’un chantier que la Banque Mondiale évalue à plusieurs centaines de milliards de Dollars $. Astucieux dirait-on, quand on revoit avec quel acharnement la France et les Etats-Unis, pour ne citer que ces deux-là, se sont rués armes à la main, sur un pays à l’origine prospère et fort de sa production pétrolière, sous un fallacieux prétexte de « restauration de la démocratie », de « libération d’un peuple étranglé par un tyran excessif ». Pourtant au bout, l’on se croirait bien dans un décor de film extraterrestre, avec un paysage lunaire, où tout est à refaire. La Banque Mondiale désigne ce qui reste de la Lybie comme le « chantier du siècle », avec une évaluation financière chiffrée à plusieurs centaines de milliards de Dollars $.

Il faut donc reconstruire infrastructures routières, hospitalières, scolaires et universitaires, bâtiments administratifs, aéroports, ports; réorganiser et réarmer l’une armée républicaine ; réhabiliter les bassins de production pétrolifères et gaziers, avec toutes leurs infrastructures annexes que sont les gazoducs et les oléoducs, sans en oublier la sécurisation. Et si tous ces marchés sont convoités et seront gagnés par les grandes enseignes de BTP françaises et autres grosses firmes américaines, ce sont bel et bien les citoyens libyens qui devront en payer le prix. Ceci à travers des dettes contractées auprès d’institutions monétaires internationales, et autres contrats donnant en échange aux « bâtisseurs » d’aujourd’hui et pyromanes d’hier, accès à la gestion de quelques parts de tel domaine gazier ou tel autre champ pétrolifère, sur une durée évidemment conséquente. Et l’on n’est pas sûr que le pays beau et prospère d’hier, avec un taux de chômage quasi nul et paradoxalement présenté à ce jour sous le prisme de l’esclavagisme, retrouve après tous ces travaux, sa superbe d’antan.

Ce tableau fait du pays de Mouammar Khadafi, tient également pour l’Irak, pour le Pakistan, pour la Côte d’Ivoire, pour le Mali, et bien d’autres. Alors, il importe pour chaque Camerounais de redescendre sur terre et de se dresser contre ce feu que les mêmes pyromanes de l’ancienne Lybie aiguillent ouvertement et avec véhémence vers le Cameroun depuis près d’une décennie. L’armée, sous l’inspiration du Président de la république Paul Biya, a réussi à juguler la menace terroriste Boko Haram avec professionnalisme et parvient avec efficacité, à sanctuariser totalement les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, tombées sous des exactions de bandes armées depuis plus un an, sous le prétexte des revendications sécessionnistes. Et au fur et à mesure que l’armée républicaine avance, l’on découvre et essaie d’évaluer malgré l’horreur, tous ces dégâts résultants des actes de ces voyous, soutenus et nous pouvons le comprendre, par les mêmes acteurs ayant agi dans les autres théâtres de belligérance cités plus haut. Il est clair donc que, même si modestes à côté de la facture libyenne, les réparations physiques, morales, psychologiques et structurelles, coûteront un réel pactole au contribuable camerounais, et devront tenir sur une longue durée, pour espérer refermer les innombrables blessures.

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