Crise anglophone. Il a toujours été question de « dialogue »

Le dialogue n’est pas un évènement mais un processus, et dans le cadre de la crise au Nord-Ouest et au Sud-Ouest, le dialogue a toujours été au cœur de la démarche du gouvernement.

Anaïs Foumane

« Le dialogue n’est pas un événement mais un processus ». Ces paroles  du Pr Elvis Ngolle Ngolle sur les antennes de Vision 4 ce dimanche 11 juin,  ajoutent du crédit à la démarche du gouvernement dans la gestion de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Une démarche qui, dès les premières heures de la crise, soit en septembre 2016, a privilégié l’écoute et le dialogue. Sans prétendre être exhaustifs, nous allons revenir sur certaines missions dépêchées par le Chef de l’Etat, pour examiner avec les acteurs de la crise, les moyens d’y mettre un terme. Il y a eu les trois missions du Premier Ministre Philémon Yang, en novembre 2016,  mars et octobre 2017. Ces missions qui visaient la mise sur pied d’un cadre de dialogue pour un règlement pacifique de la crise, n’ont pas réussi à atténuer  les revendications.  Ces revendications qui ont brusquement muté en actes insurrectionnels.

En aout 2017,  le Chef de l’Etat avait ordonné l’arrêt des poursuites contre des  leaders de cette crise, une cinquantaine de personnes recouvrait ainsi la liberté. En dépit de cet acte présidentiel qui précédait d’autres mesures d’apaisement, dont l’ouverture d’un dialogue par les autorités avec les syndicats d’enseignants et d’avocats du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, des groupes d’activistes sécessionnistes ont continué à se radicaliser, laissant l’opinion perplexe sur ce qu’ils souhaitaient réellement. Cependant, il est clair depuis la publication des résultats des séances d’écoute de la « commission Musonge », que, derrière les revendications socio-corporatistes, se cachait un sombre agenda politique de déstabilisation.

Les contributions émises par des autorités religieuses, politiques, administratives, et traditionnelles des deux régions, sont tournées en ridicule par une frange extrémiste, qui exige la partition du Cameroun. Cette frange qui s’est mise en marge des lois de la République, ne saurait être considérée comme inoffensive. D’ailleurs, elle a à son actif, les assassinats d’une quarantaine d’éléments de Forces de Défense et de Sécurité, avec un bilan chez les civils tout aussi important. Elle sème la terreur dans les villages, où les populations menacées et intimidées, choisissent de se réfugier au Nigeria voisin ou dans les localités environnantes, situées dans des circonscriptions plus stables. Cette frange sécessionniste s’attaque aux symboles de l’Etat, tout comme elle prend en otage toute personne représentant les institutions. Ignorer cette défiance pour condamner l’action du gouvernement, serait tout simplement malhonnête.  Aujourd’hui, la communauté internationale dont l’intérêt pour cette crise va croissant, a une grande responsabilité. Le gouvernement fait face à une insurrection dont les protagonistes se refusent à toute négociation. Les bases du dialogue ont été posées depuis longtemps et continuent à être structurées. Cependant, face à la menace des armes fussent-elles artisanales, les autorités ont avant tout, le devoir de protéger les citoyens et de garantir l’intégrité du territoire.

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