Cameroun. L’économie à l’épreuve des crises sécuritaires

Diversifiée et résiliente. Ce sont quelques-uns des qualificatifs utilisés par les institutions financières internationales quand il est question de l’économie camerounaise. Malgré quelques mises en garde s’agissant du rythme et du taux d’endettement du pays, le FMI  reconnaît au Cameroun une capacité à résister à des chocs violents.

Anaïs FOUMANE

S’agissant des chocs justement, le Cameroun fait face à ceux d’une très grande intensité depuis quatre ans. Dès 2014, la guerre contre Boko Haram a nécessité une mobilisation tous azimuts. Le pays attaqué à dû procéder à de nombreux ajustements. Le déploiement militaire  dans la région de l’Extrême-nord à cet effet est impressionnant. Tout d’abord la création d’une quatrième région militaire interarmées (RMIA 4) a entrainé un apport supplémentaire en ressources humaines, logistiques et financières. La construction du quartier général de la RMIA 4 s’est faite avec  la mise sur pied de nombreux autres camps militaires dans les localités qui faisaient face aux agressions de la nébuleuse Boko Haram.

Aussi, l’équipement a suivi la même tendance croissante. Entre véhicules anti-mines PKSV,  avions de chasse et de transport parmi les plus performants, l’Etat a dû payer le prix fort pour garantir la sécurité des populations et l’inviolabilité du territoire. Ce front de guerre a mis en évidence la nécessité  d’employer de nouvelles ressources humaines. Les recrutements se sont multipliés tant pour les personnels officiers que pour les sous-officiers et il est connu que, la formation militaire au Cameroun qui jouit d’une très bonne réputation a également un certain coût.

De la même manière, la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest a subi des mutations et depuis quelques mois, cette crise exige une mobilisation qui impose à l’Etat déploiement d’efforts supplémentaires. Là aussi, la menace sécuritaire que fait peser cette crise sur les populations de ces régions, a imposé la création d’une cinquième région militaire interarmées (RMIA 5), avec son corollaire de dépenses.

A côté de ces nouveaux fronts armés, il y a les menaces latentes qui, ces dernières années, ont gagné en intensité demandant un autre effort  de la part de l’Etat camerounais. On pense ainsi à la lutte contre la piraterie maritime dans le golfe de Guinée et la mobilisation des Etats concernés qui suppose des dépenses en termes de cotisations. Il y a la pression qu’exercent  les bandes rebelles armées de la Centrafrique sur la région de l’Est.  Autant de crises qui, sur le plan humain, ont entrainé une vague de réfugiés et de populations déplacées, dont la survie aujourd’hui dépend aussi du Cameroun. Le pays abrite au moins 350.000 réfugiés…

Cette pression interne s’est greffée à une conjoncture internationale difficile. Le Cameroun, comme toutes les nations pourvoyeuses de matières premières, n’a pas été épargné par la chute des cours sur le marché international. Le baril de pétrole est passé de 100 à 60 dollars, le fer de 150 à 50 dollars la tonne en moyenne, le cacao aussi. Le kilogramme se vend désormais à moins de 2 dollars.

Toutefois, le Chef de l’Etat sait bien que gouverner c’est planifier et prévoir. Il a, à cet effet, développé plusieurs programmes stratégiques pour garantir l’émergence du Cameroun. Le Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE), la réforme engagée dans les forces armées dès 2001, la lutte contre la corruption sont quelques-uns des programmes qui permettent au Cameroun de garder le cap, malgré la tourmente. La dynamique de croissance a certes été ralentie ces dernières années, cependant, le pays est debout et inspire.

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