Comment la dérive sécessionniste plombe l’économie

En plus d’intimider les opérateurs économiques, les bandes armées terrorisent les populations civiles, kidnappent et assassinent les ouvriers tout en détruisant infrastructures et installations d’unités industrielles.

Olivier BOKALE

Les pertes occasionnées par la crise anglophone sont énormes. Notamment sur l’activité économique des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, qui payent le prix fort des violences et autres actes de barbarie perpétrés par les terroristes. Visiblement, les bandes armées du mouvement séparatiste semblent s’être fixées pour but de détruire l’économie de la zone anglophone, à défaut de la contrôler totalement.

Ralentissement des projets d’infrastructures

Ainsi de nombreux projets de construction d’infrastructures connaissent un ralentissement dans l’évolution des travaux. Pénalisés par la récurrence des exactions des terroristes sur le personnel des entreprises chargées de leur réalisation, ces chantiers tournent au ralenti lorsqu’ils ne sont pas tout simplement à l’arrêt. C’est ainsi que le 15 mars 2018, quatre employés de la société Soroubat en charge de la construction de la route Kumba-Ekondo Titi ont été enlevés et l’un d’eux, de nationalité tunisienne, a été tué plus tard par ses ravisseurs. Dans le même registre des exactions regrettables sur les entreprises, on peut citer l’enlèvement de sept employés du Bureau de recherches, d’étude et de contrôle géotechnique (BRECG), commis pour des études géotechniques relatives à la construction du pont sur la rivière Ebinsi. Ce kidnapping qui remonte au 12 décembre 2017, dans l’arrondissement d’Akwaya (Département de la Manyu), s’est soldé par l’assassinat de ces ouvriers par les terroristes.

Attaque des unités industrielles

Pis, les dérives sécessionnistes vont jusqu’à la destruction des infrastructures existantes. C’est le cas avec les pylônes des entreprises de télécommunication qui ont été attaqués. Dans un récent rapport gouvernemental sur le climat qui prévaut dans la zone anglophone, l’on apprend que les opérateurs économiques et les populations civiles sont les plus grandes victimes de cette situation. En effet, les opérations « villes mortes » imposées par l’intimidation et la menace ont eu des conséquences dramatiques sur les activités économiques et les revenus des ménages. « A cause de ces opérations ‘’villes mortes’’, des incendies et attaques à l’explosif, de nombreux commerces et marchés ont été fermés », indique ce rapport. Les installations industrielles de la région du Sud-Ouest telles que Pamol et Cameroon Development Corporation (CDC), qui font l’objet d’attaques récurrentes, voient leurs activités paralysées et leur survie menacée. Des milliers de personnes risquent ainsi de se retrouver au chômage.

Les activités agricoles subissent également les revers des agissements criminels des milices terroristes. Beaucoup de familles sont ainsi contraintes d’abandonner leurs activités agro-pastorales. Mus par l’appât du gain, les terroristes s’attaquent également aux activités de transport des marchandises et de voyageurs, multipliant braquages et pillages.

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