Comment les sécessionnistes entravent le droit à l’éducation

Dans les régions du Nord-ouest et Sud-ouest, les groupes armés d’inspiration séparatistes ne lésinent sur aucun moyen pour empêcher les enfants de se rendre à l’école.

Par Pierre Ngom

C’est à un véritable attentat contre le droit à l’éducation que se livrent les sécessionnistes dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest. Attaques à répétition des établissements scolaires, menaces, rapts mutilations et assassinats des élèves et enseignants… le secteur de l’éducation est l’une des premières cibles des terroristes. Selon le plan gouvernemental d’assistance humanitaire d’urgence présenté le 20 juin dernier par Philemon Yang, le Premier ministre chef du gouvernement, « depuis le début de la crise, les deux régions ont enregistré plus de 120 cas d’incendies d’écoles ». Du fait de ces attaques découlant d’une stratégie obscurantiste et insensée, des milliers d’élèves et d’enseignants, soucieux de poursuivre en paix leur cursus scolaire ou leurs activités professionnelles, migre vers les autres régions du Cameroun. Il en résulte, outre l’éclatement de cellules familiales, une dégradation d’un système éducatif parmi les plus réputés et les plus efficients du pays et même du continent. Selon les autorités, les destructions sont telles que les conséquences de cette situation devraient se ressentir longtemps encore après le retour inéluctable à la normale.

Des faits qu’un obscur « leader de l’AGC » a tenté de réfuter ce 22 juillet. « Les séparatistes armés ne sont pas responsables de la destruction d’écoles » a réagit celui que RFI nomme Cho Ayaba Lucas. Pourtant, dans un communiqué conjoint du 1er juin 2018 à Yaoundé, le représentant du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) au Cameroun et le directeur du bureau régional de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) pour l’Afrique centrale ont condamné les mêmes actes perpétrés par les sécessionnistes dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest. « Aucune intimidation ne devrait être tolérée par tous les partenaires bien intentionnés qui cherchent à promouvoir les droits des enfants à une éducation de qualité dans un environnement sûr, protecteur et sécurisé. Aucune raison ne peut être avancée pour légitimer les attaques injustifiées contre les enfants », estiment les deux institutions spécialisées du système des Nations unis qui évaluent à environ 33 000 le nombre d’élèves qui ne vont plus à l’école pour des raisons de sécurité, d’attaques et d’enlèvements.

Selon l’Unicef et l’Unesco, plusieurs écoles n’ont pas fonctionné au cours des deux dernières années scolaires successives (2016-2017 et 2017-2018). C’est d’ailleurs pour permettre le retour à la normale que le président Paul Biya a instruit le lancement ce plan d’urgence. D’un coût global de 12,7 milliards de francs CFA, l’un des objectifs du plan gouvernemental est de reconstruire les infrastructures détruites. Concernant le secteur de l’éducation, il s’agira de réhabiliter les écoles et prendre des mesures de protection des enseignants et des élèves en vue d’une reprise sereine des cours à la rentrée scolaire 2018-2019.

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