Presse camerounaise et unité nationale. Tous au combat avec abnégation malgré l’adversité

Ils sont au premier rang depuis le début de la crise, parfois au péril de leurs vies. Les journalistes camerounais n’ont eu de cesse de manifester leur désir de faire savoir au monde, la réalité dans ses moindres détails, avec le professionnalisme le plus absolu.

Charles ABEGA

Il y a eu certes quelques dérives constatées en tout début de cette regrettable situation, mais sur un plan général, il convient de reconnaître l’attitude professionnelle de la presse nationale quant à la couverture de la crise dans les régions du Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Les uns et les autres ont tôt fait de comprendre et d’intégrer l’importance de défendre ensemble, l’unité nationale si chèrement bâtie, et l’intégrité territoriale, premier gage de la souveraineté effective de la nation. Malgré les difficultés d’accès aux épicentres même des affrontements, et des limites affichées dans la détection des images truquées, les médias camerounais basés au pays ont toujours su se rapprocher des sources disponibles, pour recouper le mieux possible les faits relayés par les réseaux sociaux. Car il convient de le rappeler ici, si l’instantanéité qui caractérise ces nouveaux vecteurs de projection de l’information est d’une rapidité incomparable, ils sont d’une fiabilité plutôt fragile. Dans la course au scoop, les diffuseurs ne se donnent pas toujours le recul nécessaire pour éprouver les données reçues des théâtres d’opérations, et encore moins le temps de sonder le capital crédibilité de la source. Et quand on pense au flux de « Fake news » qui continuent d’inonder le monde, avec des vidéos et des photos factices, on peut imaginer les dégâts qu’aurait pu entraîner une presse tatillonne dans le contexte actuel du Cameroun.

Comme acteur primordial dans la préservation de l’équilibre social, on peut donc saluer l’attitude de la presse nationale qui a évité de répandre la psychose et d’amplifier l’effet de terreur souhaité justement par les terroristes. Les conséquences auraient alors été catastrophiques si ce but avait été atteint, aussi bien en interne que sur le plan international. Conséquences qui se seraient manifestées sous les formes de démobilisation des troupes et des populations avec déplacements massifs vers d’autres sites plus sécurisés, de la dislocation du lien Armée-Nation, de l’installation du chaos et donc, de la nécessité d’une intervention de forces d’interposition internationales. Or, pour ce dernier aspect, la Libye reste l’exemple parfait d’un pays ayant connu le processus jusqu’au-bout. Et paradoxalement, plusieurs suppôts du désordre sont à l’œuvre et ne désespèrent toujours pas de voir le règne du grand désordre s’emparer du Cameroun.

La presse nationale a donc assuré jusque-là, et le souhait voudrait qu’elle continue de faire preuve de plus de professionnalisme et d’impartialité dans le traitement de l’information. Sans servir ces démons qui tirent les ficelles dans l’ombre, avec le désir désormais connu, de déstabiliser un pays à la stabilité légendaire.

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