Financement des partis politiques. Quand les États-Unis méprisent la législation camerounaise

2,7 milliards pour Joshua Osih, Maurice Kamto et Akéré Muna, reçus le 10 juin dernier dans les locaux de l’ambassade des États-Unis à Yaoundé. Un magot litigieux destiné à soutenir la campagne électorale des cadors de l’opposition pour les présidentielles d’octobre prochain, au mépris des lois régulant ce domaine d’activités au Cameroun.

Charles ABEGA

C’est sûr, il y  aura du grabuge dans la vie des partis politiques à la veille des toutes prochaines échéances électorales que s’apprêtent à organiser le Cameroun. Motif de la querelle, la redistribution contestée d’une enveloppe de 2,7 milliards de Fcfa offerts à trois gros calibres de l’opposition à savoir, le MRC de Maurice Kamto, le SDF du candidat Joshua Osih et Akéré Muna qui, jusque-là, n’a pas révélé l’identité du parti pour lequel il battrait campagne. Les trois leaders cités ont effectivement été reçus à l’ambassade des Etats-Unis à Yaoundé le dimanche 10 juin dernier et en seraient ressortis porteurs de la somme sus-évoquée, gage du soutien du pays de l’Oncle Sam aux côtés de l’opposition et de son engagement avec tout ce qui peut démonter le pouvoir en place ou faire désordre dans le paysage sociopolitique camerounais. Sauf que cet acte en lui-même déjà fait désordre puisque déjà, les trois mousquetaires ne parviennent pas à s’entendre au niveau de la répartition et des parts à attribuer à chacun ; puis, plus grave, cet acte est complètement illicite à la lumière des dispositions juridiques nationales. En effet, en dehors des financements alloués aux formations politiques représentées au parlement et ayant obtenu des scores significatifs aux dernières échéances électorales, des cotisations des adhérents, des dons des personnes privées qui ne doivent pas excéder 7.500 Euros par an et par personne,  il est totalement proscrit de recevoir un quelconque don des personnes morales et par conséquent des ambassades, organismes internationaux, puissances étrangères et/ou Etats étrangers.

Après la fanfaronnade de son chef de mission diplomatique il y a quelques semaines, on pourrait bien parler là d’une bourde de plus ou plutôt, d’une autre manifestation du mépris que le gouvernement actuel des Etats-Unis d’Amérique, hurle à la face des institutions de Yaoundé. Un véritable affront que semblent tout aussi traiter avec dédain l’homme-lion et son équipe gouvernementale, au moment où la priorité semble être donnée à la quête de la stabilité sociopolitique et sécuritaire sur toute l’étendue du territoire. Car on le sait, des fulgurances de la secte islamiste Boko Haram continuent d’endeuiller plusieurs familles à partir du Grand Nord, en marge du nouveau théâtre de violences que représentent depuis plus d’un an également, les zones du Sud-Ouest et du Nord-Ouest, sous le fallacieux prétexte des revendications séparatistes.

Pour revenir aux financements publics des partis politiques, ils sont prioritairement destinés à couvrir l’administration courante, la diffusion du programme politique, coordination action politique des membres, participation du parti aux différentes commissions électorales prévues par la règlementation ; les dépenses permanentes liées aux activités politiques et organisations des campagnes électorales.

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