Ingérence sociopolitique. L’agenda dévoilé des Etats-Unis sur le Cameroun

Depuis quelque temps, l’on semble enfin tenir l’authentique source des troubles sécuritaires qui minent l’épanouissement des populations du Sud-Ouest et du Nord-Ouest camerounais. Piégé par sa proie initiale, le loup est finalement sorti du bois.

Charles ABEGA

En effet, un courant de revendications a priori syndicalistes, poussait dans un premier temps, des juristes évoluant dans la partie anglophone du pays, à battre le pavé en vue d’obtenir quelques améliorations de leur environnement de travail, et quelques facilitations dans le déploiement des procédures inhérentes à la pratique du métier. Les revendications appelaient initialement à la traduction en anglais des actes uniformes OHADA (Droit des affaires d’inspiration française, partagé par 17 pays africains), et qui rejettent le Code civil francophone. Ils s’opposaient également contre le fait que des magistrats francophones puissent rendre la justice dans des régions anglophones, sans bien maîtriser l’anglais ni la culture du Common Law (Droit d’inspiration anglaise). Cette première crise débute en octobre 2016. Et en réponse, l’Etat procède à la traduction des Actes de l’OHADA et du Code Pénal. Dans la foulée, la nomination d’un magistrat anglophone au poste de procureur de la République au parquet des Tribunaux de Première et Grande Instance de la ville de Bamenda. Pendant qu’on croit à un apaisement du climat dans la zone, les enseignants vont prendre le relais. Et c’est une tout autre crise qui éclate avec des manifestations émaillées de heurts violents avec les éléments de la police. Les choses s’enveniment alors considérablement, avec l’entrée en scène remarquée des ressortissants de la diaspora, qui s’alignent avec un discours plus que radical, derrière les manifestants. Et c’est sur entrefaites, que pour la première fois dès janvier 2017, le lexique se corse avec la mise en relief des expressions telles que la sécession, les mots d’ordre de désobéissance civile, d’utilisation d’armes à feu, d’enlèvements, de viols, de rackets, etc. L’on découvre également que certaines puissances étrangères nourrissent cette vague de violences, désormais bien loin des banales revendications corporatistes de départ.

Tout semblait donc prémédité. Les mouvements initiaux n’étaient en fait qu’un paravent agité en lieu et place de la forteresse projetée. Ce qui jusque-là n’était qu’un agenda voilé, va se découvrir de lui-même avec des prises de positions nettes des chancelleries étrangères au Cameroun. Ils en veulent au Président Paul Biya, lui reprochant ouvertement le caractère « tyrannique de son règne et sa longévité au pouvoir. » Ils voient tous en lui « un despote, un promoteur du tribalisme, etc. », bref, une terminologie déjà familière, puisque longuement et drument serinée dans le cas de la Libye, avant l’assassinat de Mouammar Khadafi et la réduction de cette puissance continentale en champ de ruines. L’ambassadeur des Etats-Unis au Cameroun ira même jusqu’à s’ériger en donneur de leçon, avec pour « apprenants », le Chef de l’Etat camerounais et son entourage exécutif. Avec lui, plusieurs organismes non-gouvernementaux et notamment d’origine juridique américaine, s’échineront à scalper les Forces de Défenses et le gouvernement, leur attribuant d’imaginaires massacres maladroitement illustrés, dans les régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest.

En l’état des choses, il est avéré que les intentions de cette puissance occidentale sont de nature peu orthodoxe, avec en toile de fond, la projection sur la manne naturelle du Cameroun, pilier d’une sous-région elle aussi fortement convoitée, pour les mêmes raisons.

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