Ces pays qui hébergent les sécessionnistes camerounais

Il s’agit à la fois des pays d’Amérique, d’Europe et d’Afrique. La plupart se refusent, pour l’instant, de prendre des mesures pour mettre un terme aux activités de soutien au terrorisme menées sur leur territoire.

Pierre NGOM

Chaque jour qui passe, l’épais brouillard qui entoure les commanditaires des violences dans le Nord-ouest et le Sud-ouest s’éclairci. Le gouvernement a par exemple rendu public le 20 juin dernier une liste de quatorze personnes « incitant à la haine et à la violence sont basées à l’étranger ». D’étranger, ces activistes terroristes sont précisément basées dans quatre pays situé en Amérique, en Europe et en Afrique. Il s’agit des Etats-Unis (Tapang Ivo Tanku, Akwanga Ebenezer Dereck Mbongo, Nsoh Nkem Foncha, Chris Anu, Yinkfu Nsangong, Boh Herbert), de la Belgique (Mark Bara alias Bareta), de la Norvège (Ayaba Cho Lucas), de l’Autriche (Shey Kaavi Wo Melim), de l’Afrique du Sud (John Mbah Akuro, Larry Eyong) et du Nigeria (Akoson Pauline Diale et son époux Akoson Raymond, Brado Etchu Tabenyang). Ces soutiens des réseaux terroristes procèdent par ailleurs à des collectes de fonds à partir de leurs pays de résidence pour l’achat d’armes et le financement des activités terroristes.

En abritant plus de six terroristes sur les quatorze identifiés par le gouvernement, les Etats-Unis s’illustrent comme le pays qui héberge le plus ces pêcheurs en eau trouble. Les choses sont telles que même l’ambassadeur des Etats-Unis au Cameroun ne peut plus le dissimuler : « Nous, Américains, tenons très à cœur le premier amendement à la Constitution américaine, qui protège la liberté d’expression. Mais nous condamnons les discours de haine et les appels à la violence, comme ceux qui émanent d’une infime minorité d’individus nés au Cameroun vivant aux États-Unis », reconnaissait Peter Henry Barlerin, l’ambassadeur des Etats-Unis au Cameroun le 11 mai dernier, lors de la remise d’un don de deux aéronefs à l’armée camerounaise.

Les autorités camerounaises s’étaient alors réjouies de la condamnation du diplomate américain. Mais en réalité, il s’agissait d’une dénonciation du bout des lèvres. En effet, le gouvernement camerounais a engagé des démarches auprès des autorités des pays qui hébergent les sécessionnistes pour qu’elles mettent un terme aux activités de soutien au terrorisme menées sur leur territoire. Les réactions à cet égard restent attendues. « Si la diaspora camerounaise finance davantage les sécessionnistes… alors oui, on peut s’attendre à ce que le mouvement prenne de l’ampleur », soutient, pourtant, le politologue Hans De Marie Heungoup, chercheur pour International Crisis Group, dans une interview au journal La Croix. Est-ce le souhait des puissances occidentales ? Des géo stratèges répondent par l’affirmative. Les Camerounais doivent donc rester mobilisés autour du président de la République pour faire échec à ce projet machiavélique.

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