Marché financier intégré. La zone Cemac bientôt en totale fusion

Durant de longues années, c’est apparu comme un leurre, se limitant juste à une succession de belles annonces faites au bout de diverses rencontres intergouvernementales. Et la probabilité de l’effectivité d’un marché unique dans la sous-région Afrique Centrale.

Charles ABEGA

Finalement, l’épineuse problématique d’un marché financier intégré dans la zone Cemac, semble avoir trouvé le terrain consensuel adéquat, malgré la bataille des egos que se livrent à distance le Cameroun, principal leader de la sous-région, et le Gabon, protagoniste sérieux aux aspirations de leadership avérées. Il convient tout de même de noter que le combat sur ce terrain de l’hégémonie est dès le départ inégal, au regard du potentiel naturel et de la puissance économique affichés par le pays de Paul Biya. Au propre comme au figuré, c’est bel et bien la mamelle nourricière de toute la zone. En marge des egos à canaliser, il y avait la question des financements à long terme que connaissent la plupart des régions en développement, pour dynamiser l’activité entrepreneuriale. Toutes les entreprises traditionnelles ou nouvelles, de tous les secteurs d’activités, sont en manque de capitaux pour accélérer les productions et agresser les marchés internationaux. Les matières premières, qui partent par centaines de milliers de tonnes, tous les jours sous la forme de produits bruts, apporteraient un embonpoint certain à l’économie africaine et principalement sous régionale, si transformées sur place, même pour un stade intermédiaire, avant les finitions dans les grandes usines occidentales et asiatiques.

Désormais donc, les deux principales places boursières de l’espace Cemac à savoir la Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique Centrale (BVMAC) et la Douala Stock Exchange (DSX) sont en cours de fusion. Un symbole fort sur le chemin de la parfaite intégration sous régionale, déjà introduite par l’effectivité des mesures de libre circulation prises par la quasi totalités des Etats membres. Le communiqué final suite à la Session Extraordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat de la CEMAC du 23 décembre 2016 à Douala et réitéré lors de la Session du 31 octobre 2017 à N’Djamena, a débouché sur un Acte additionnel signé le 19 février 2018 et qui vise à rendre opérationnelle la volonté politique exprimée par les dirigeants des six États membres. La coexistence de deux marchés financiers n’a que faiblement contribué au développement de l’activité boursière dans la sous-région. Ainsi, cet Acte Additionnel, en dehors de poser le principe de la fusion des marchés, vient déterminer les différentes structures qui devront assurer l’animation de la superstructure, sous la coordination de la Commission de surveillance du Marché Financier de l’Afrique Centrale, seule autorité de régulation mise en place pour la circonstance. Et si la Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique Centrale siègera à Douala au Cameroun, la Commission de Surveillance elle, est logée à Libreville au Gabon.

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