Crise dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Le jeu trouble de l’Oncle Sam

Plutôt que de collaborer avec le gouvernement pour mettre hors d’Etat de nuire les sécessionnistes résidant sur son territoire, les Etats-Unis préfèrent manœuvrer pour une intervention de l’ONU au Cameroun.

Pierre NGOM

La semaine dernière, le Congrès américain a encore ouvert ses portes à un de ces pourfendeurs de la République du Cameroun. Un certain Efi W. Tembon, qui se présente comme le directeur exécutif du Cameroon Association for Bible Translation and Literacy Facilitator Platform for Impact (CABTAL). Cet individu s’en est pris aux vaillants soldats camerounais déployés dans les régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest afin de préserver l’intégrité territoriale du pays, les taxant d’auteurs de supposées abominations. Pour qui connait le professionnalisme des Forces de Défense et de Sécurité camerounaises, il ne fait aucun doute qu’il s’agit encore là d’histoires sorties tout droit de l’imagination de cet autre pyromane. Des histoires qu’il est d’ailleurs inutile de reprendre ici pour ne pas leur faire une publicité supplémentaire.

Mais comment comprendre l’intérêt des institutions américaines pour de telles inepties ? Pour beaucoup de Camerounais, cet intérêt est une nouvelle preuve que l’Oncle Sam a un projet diabolique contre le Cameroun. Il est difficile d’en douter quand on voit notamment les manœuvres des Etats-Unis pour faire admettre l’idée d’une intervention de l’Organisation des Nations unies (ONU) au Cameroun. Lors d’une séance du Conseil de sécurité de l’ONU tenu le 13 juin dernier, Elaine Marie French, qui représentait les États-Unis, «s’est inquiétée du manque d’intérêt que suscite cette crise et a appelé le Conseil de sécurité à en débattre davantage», peut-on lire dans le compte-rendu de cette réunion publiée sur le site internet de cette organisation internationale. «Elle a notamment averti que la poursuite de la crise dans la région anglophone risque de miner les efforts déployés pour stabiliser la situation dans le bassin du lac Tchad».

Dans la même logique, Washington fait d’ailleurs tout pour annihiler les efforts des autorités camerounaises à ramener la paix dans cette région. Tenez ! Six des quatorze individus qui incitent à la violence dans la zone en crise, et qui la finance depuis l’étranger, proprement identifiés par le gouvernement, vivent aux  Etats-Unis. Et malgré toutes les démarches engagées par le gouvernement camerounais auprès des autorités américaines pour qu’elles mettent un terme aux activités de soutien au terrorisme menées sur son territoire, la réaction de Washington reste attendue. «Si la diaspora camerounaise finance davantage les sécessionnistes… alors oui, on peut s’attendre à ce que le mouvement prenne de l’ampleur», estime, pourtant, le politologue Hans De Marie Heungoup,  chercheur pour International Crisis Group, dans une interview au journal La Croix.

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