Violences et insécurité en Afrique. La presse occidentale en amplificateur et tribune dévouée

Avec sa dernière publication sur la crise anglophone en fin de semaine dernière, le très respecté New York Times, dans sa version électronique, déroule carrément le tapis à un certain Cho Ayaba, que les confrères présentent eux-mêmes comme étant l’un des principaux meneurs des violences dans les régions anglophones du Cameroun, depuis sa cachette occidentale. Une fois de plus, l’on est en pleine partie apologétique.

Charles ABEGA

Un article qui heurterait la sensibilité de plus d’un observateur tant le quotidien de notoriété déroulait, dans l’une de ses publications de la fin de semaine écoulée, le tapis rouge à un terroriste, pas différent de tous ceux de la même classe, que les Etats-Unis eux-mêmes et leurs alliés de l’OTAN traquent à travers la planète. Légitimerait-on les activités terroristes et leurs auteurs parce qu’à un moment, elles pourraient servir les intérêts occidentaux ? Sinon comment justifier que les autorités américaines, responsables d’un pays sensé entretenir de bonne relations diplomatiques, socioéconomiques avec le Cameroun, hébergent, entretiennent et donnent même officiellement la parole à des ennemis de la république homologue et souveraine d’Afrique centrale ? Drôle de paradoxe ! Surtout que tous ces activistes, aujourd’hui officiellement présentés comme les principaux auteurs des exactions dans les régions du Nord-Ouest et du sud-Ouest ne se cachent guère et évoluent en toute liberté sur les sols de tous ces pays d’accueil, sans jamais avoir été inquiétés le moins du monde, pour la nature de ces activités fortement prohibées par toutes les démocraties à travers le monde.

Même sans lui avoir donné la parole, le New York Times, en présentant le sieur Cho Ayaba comme étant le commandant en chef des « Ambazonian Defense Forces », introduit de manière éhontée, le lecteur dans un univers nauséabond à la logique tronquée, où des voyous connus reçoivent une onction claire de la presse et d’officiels politiques. Le pire donc, ce média que l’on disait jusque-là sérieux, se compromettra totalement en piétinant l’éthique et la déontologie du métier de journaliste, en relayant et en commentant favorablement sur des colonnes denses, des propos recueillis auprès du bandit cité. Sur plusieurs lignes, le titre new yorkais permet à ce scélérat de traiter les Forces de Défense et de Sécurité loyalistes de forces d’occupation armées sur « leur territoire d’Ambazonie » ; lui permet aussi de parler d’une « armée et d’un peuple de l’Ambazonie », qui auraient plutôt pris les armes, en réaction à de supposées exactions de l’armée républicaine ; lui donne de prétendre que la majorité francophone aurait totalement mis au ban les anglophones depuis la Réunification en 1972. Des allégations toutes naturellement erronées puisque, les Camerounais de tous bords, indifféremment du patrimoine culturel hérité du colon Français ou Britannique dans lequel ils évolueraient, bénéficieraient des mêmes avantages, en toute circonstance.

De manière ouverte, la société américaine actuelle affiche donc encore une fois, son mépris pour la souveraineté d’un Etat qui pourtant, a toujours su démontrer toute sa loyauté dans le cadre de ses relations bilatérales avec les Etats-Unis. La bonne santé du multilatéralisme étant l’une des priorités de la démarche politique de Paul Biya.

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