Crise sécessionniste. Le gros mensonge d’Agbor Nkongho Balla devant le Congrès américain.

Les Forces de défense auraient fait 1000 morts le 1er octobre 2017 au Nord-ouest et Sud-ouest selon l’avocat Agbor Nkongho Balla. Il a fait cette déclaration devant le Congrès américain le 27 juin 2018. Un mensonge de trop.

Anaïs FOUMANE

Décidément, le mouvement sécessionniste ne peut perdurer autrement que par le mensonge. C’est la conclusion que certains observateurs avertis font après plusieurs mois d’analyse de cette crise. L’un des plus odieux mensonges est certainement celui qui fait état d’au moins 1000 morts le 1er octobre 2017, dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest.  Un mensonge d’autant plus regrettable qu’il est fait par un juriste qui  est suffisamment renseigné sur la valeur des témoignages. Des témoignages qui, dans le cas présent, peuvent fausser les perceptions et entrainer des réactions disproportionnées.  Il semble d’ailleurs que c’est l’effet final recherché par Agbor Balla Nkongho. Depuis le début de la crise de nombreux activistes peinent à faire accepter leur cause par l’opinion internationale. Devant le congrès américain, il fallait donc user de faux, faire recours au mensonge, invoquer des faits historiques sortis tout droit d’un imaginaire corrompu pour vendre le projet de partition du Cameroun. Ainsi, selon le récit fait par l’avocat le 27 juin,  face à une foule inoffensive, qui marchait pour déclarer l’indépendance d’un Etat fictif, les militaires ont  délibérément ouvert le feu avec au final un bilan de 1000 morts. Un génocide que le gouvernement a dissimulé à la face du monde selon Agbor Balla Nkongho.  Pourtant, à ce stade de la crise, les missions des Forces de l’ordre  consistaient essentiellement au maintien de l’ordre public, dont la protection des personnes et des biens contre les actes de vandalisme. Les experts parlent à ce niveau de l’emploi des  Forces de 1ere et  2eme catégories dont la nature des armes  et les méthodes de travail  ne peuvent entrainer la mort de 1000 personnes.

En regardant les péripéties passées de l’avocat Balla, on pourrait bien penser qu’il cherche par le biais de ce mensonge à gagner la sympathie des sécessionnistes, après avoir souvent été accusé de traitrise, et partisan du fédéralisme  par ceux-ci. Il avait été exclu du Consortium par ses camarades qui lui reprochaient un discours qui prône la non-violence et la recherche d’une sortie de crise par voie de dialogue. Il a également été chassé d’une réunion en Angleterre par les extrémistes pour les mêmes motifs et le domicile de ses parents à Mamfé dans le Sud-ouest disparaissait sous les flammes en fin d’année 2017. Autant de représailles qui ont eu raison de son jugement. Désormais dans sa tentative de se repositionner comme un leader de la cause anglophone, il essaie à coup de mensonges les plus odieux de raviver la sympathie des sécessionnistes. Il ne voudrait surtout pas risquer sa part du gâteau quand le moment sera venu de le partager. Si on peut déplorer cette attitude irresponsable qui une fois de plus jette du discrédit sur ce projet de sécession, on peut tout aussi bien remettre en cause, l’objectivité d’un pays comme les Etats-Unis d’Amérique. Ce pays semble prendre du plaisir à dérouler le tapis rouge à des individus décidés à semer le chaos. Toutefois, l’histoire sera toujours là pour rappeler à chacun sa responsabilité dans ce sombre épisode de l’histoire du Cameroun.

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