Election présidentielle. Paul Biya légaliste jusqu’au bout des doigts

En convoquant le corps électoral ce 9 juillet, le président de la République affirme son attachement à la légalité républicaine.

Pierre NGOM

« Devait-on convoquer le corps électoral au regard des tensions qui ont en ce moment cours dans les régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest? » Cette question revient depuis la publication ce 09 juillet 2018 du décret portant convocation du corps électoral en vue de l’élection du président de la République. La réponse coule de source tant aucune disposition de la Constitution ne prévoit une prolongation du mandat du chef d’Etat. Au risque d’installer le pays dans une période d’incertitude, Paul Biya, qui a toujours montré son attachement à la légalité républicaine et au respect des institutions, n’avait dont pas d’autre choix que d’organiser ces élections avant le terme de son mandat comme l’y contraint le Code électoral.

« L’élection [présidentielle] a lieu au scrutin uninominal majoritaire à un tour, vingt (20) jours au moins et cinquante (50) jours au plus avant l’expiration des pouvoirs du président de la République en exercice », dispose l’article 116 alinéa 3 du Code. Le Président de la République en poste a prêté serment pour le compte du septennat en cours le 3 novembre 2011, son mandat s’achève le 3 novembre 2018. Le texte du chef de l’Etat respecte également l’alinéa 2 de l’article 86 qui exige que « l’intervalle entre la publication du décret convoquant le corps électoral et la date fixée pour le scrutin est de quatre-vingt-dix (90) jours au moins ».

Avec la convocation du corps électoral pour la présidentielle, s’engage le compte à rebours qui conduira les électeurs aux urnes dans trois mois. Il commence par l’arrêt des inscriptions sur les listes électorales et l’ouverture du dépôt des dossiers de candidature pour ceux qui veulent briguer la magistrature suprême.  Les prétendants ont 10 jours pour le faire auprès d’Elecam, l’organe en charge de l’organisation des élections. Le Conseil électoral de cette institution doit arrêter et publier la liste des candidats 60 jours au moins avant la date du scrutin. Suivra donc la période officielle de campagne électorale qui s’étale sur deux semaines et s’achève la veille de la date arrêtée pour le vote.

Garant de l’indépendance, de l’intégrité du territoire, de la permanence et de la continuité de l’Etat comme le prescrit la Constitution, le président de la République constitue un maillon essentiel, la clé de voûte des institutions. Et ce d’autant plus que, élu de l’ensemble de la Nation, il incarne l’unité nationale et, de ce fait, représente l’Etat dans tous les actes de la vie publique. L’importance du scrutin du 7 octobre 2018 n’est donc plus à démontrer. C’est donc un rendez-vous capital que le peuple Camerounais est appelé ce jour. Au regard de sa maturité, on est en droit d’espérer qu’il exercera en toute responsabilité son droit de vote.

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