Lutte contre la cybercriminalité. Les Magistrats de l’Ouest sont désormais outillés

Les magistrats de la région  de l’Ouest ont pris part à  un séminaire sur la lutte contre la cybercriminalité, du 4 au 6 juillet dernier.

Anaïs FOUMANE

Selon un rapport de l’Union Internationale des télécommunications, le Cameroun occupe le 75e rang mondial et le 9e en Afrique en matière  de lutte contre la cybercriminalité, information rappelée par le  directeur générale de l’Agence nationale des technologies de l’information et de la communication ANTIC, au cours de la cérémonie d’ouverture du séminaire  de sensibilisation des magistrats de la région de  l’Ouest.

Cette rencontre  de partage  de connaissances  sur la cybercriminalité intervient  dans le cadre de la troisième  édition dudit séminaire  annuel après Douala en 2016 et Yaoundé en 2017. Du 4 au 6 juillet 2018, les magistrats du de la région de l’Ouest  se sont appropriés  des textes, des principes et des directives  devant leur permettre de faire face à ce fléau inhérent à la révolution numérique Ces hommes et femmes, investis d’une autorité juridictionnelle doivent dorénavant éviter des confusions  dans la qualification. Pour  François Xavier Bono, Président de la cour d’appel de l’Ouest, le magistrat fondera la poursuite sur loi et le code pénal  chaque fois que  les infractions commises ont pour support  les communications électroniques  ou des systèmes d’informations. « Dans le cadre de la répression des infractions cybernétiques le sursis est exclu » a-t-il martelé. La loi qui fait référence ici étant  celle du 21 octobre 2010 relative à la  cyber sécurité et à la cybercriminalité au Cameroun. Elle définit les infractions notamment  la déclaration mensongère  en son article 62, outrage aux religions article 77, propagation de fausses nouvelles article  78, outrage à la pudeur article 79, outrage à la pudeur sur mineur de 15 ans article 82. Les magistrats exerçant à l’Ouest devront ainsi  s’attaquer avec efficacité au phénomène de « fake news » et à la diffusion des documents confidentiels  de l’administration publique.

La performance avérée du Cameroun en matière de lutte contre  la cybercriminalité est à mettre à l’actif de l’ANTIC qui dans sa mission de veille sécuritaire  a développé des stratégies  afin d’anticiper sur les activités des cybercriminels très ingénieux et déterminés.  Ce séminaire intervient dans le cadre de la mise en œuvre  desdites stratégies. L’ANTIC interagit avec les Forces de l’ordre et le corps judiciaire dans le cadre  des investigations cybercriminelles.  Il convient de rappeler qu’une plateforme  collaborative  entre les personnels habileté de l’ANTIC  et les officiers de police judiciaire  à compétence générale, a permis  de mener avec succès plusieurs enquêtes  cybercriminelles. Pour le  Dr Ebot Ebot Enaw, directeur général de l’ANTIC,  cette structure est appelée à travailler étroitement avec la magistrature  et sous l’autorité du parquet  à la recherche des indices numériques  dans la traque des cybers délinquants, contribuant ainsi  à leur répression.

Il faut noter que ces investigations bénéficient aussi de l’assistance technique  des personnes assermentées par l’ANTIC, agissant comme officier de police judiciaire. Ainsi les statistiques selon les infractions affichent  des données interpellatrices : Près de 800 cas de victimes de scamming ou arnaques à travers les moyens de l’internet, 200 cas environ du pishing ou  usurpation des adresses mail, près de 29 administrations publiques camerounaises ont vu leur site web attaquées (webdefacement) et le skimming qui est le piratage des cartes magnétiques. Les banques locales en ont fait les frais pour une perte financière de près de 3 milliards de francs CFA.

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