Décollage économique sous-régional. Le Tchad attend la main tendue du Cameroun

Pour dynamiser son processus économique, le Tchad, dans le cadre de la collaboration Sud-Sud, s’est tourné vers son voisin le Cameroun. Au menu, l’amplification du réseau électrique, l’extension du réseau routier et ferroviaire entre les deux États et la construction du pont sur le fleuve Logone.

Charles ABEGA

Voilà certainement un exemple que beaucoup d’Etats africains devront suivre dans la quête d’épanouissement économique qui motive tous les mouvements politico-économiques sur le continent, aussi bien sur un plan global que dans les blocs sous régionaux. Le Tchad, dont la quasi-totalité des importations dépend du Port autonome de Douala, a compris que l’aménagement à l’optimum des voies de communication entre la capitale économique du Cameroun et le territoire tchadien, constituerait la priorité principale dans sa marche vers le développement. Et heureusement dirait-on, il y a en face une volonté manifeste des autorités politiques camerounaises, largement favorable à une intégrité sous régionale effective. La preuve, la construction du Pont sur le fleuve Logone est financée à 58% par le Cameroun tandis que le Tchad qui en est le principal bénéficiaire contribue à hauteur de 42%, pour un coût total du projet estimé à 92 milliards de Fcfa. Ceci consiste au final en la construction d’un pont à poutres précontraintes par post-tension de 700 m sur le fleuve Logone, entre Bongor dans le sud du Tchad et Yagoua dans l’Extrême-Nord du Cameroun, avec l’aménagement d’une route bitumée de raccordement sur environ 10 km, de part et d’autre du pont. Il est par ailleurs prévu des aménagements connexes incluant la protection des berges du fleuve Logone, l’établissement d’un poste de pesage moderne, la construction d’un poste frontière formel, et l’établissement d’une voie de contournement de la ville de Yagoua sur environ 8 km avec quatre giratoires. C’est l’un des projets intégrateurs majeurs de la sous-région.

Et à l’instar du pont, il y a la ligne de chemin de fer Cameroun-Tchad qui sont des projets visant à renforcer et à améliorer les relations entre le Tchad et le Cameroun, et par extension entre les pays de la sous-région, renforçant ainsi la libre circulation des personnes et des biens entre les deux Etats. Il permettra ainsi de promouvoir les échanges commerciaux, d’assurer une traversée sécurisée du fleuve en tout temps, et de faciliter le rapprochement entre les deux peuples. Dans la même lancée, les autorités de Yaoundé ont accepté de contribuer à l’amplification du réseau électrique de son voisin, en acceptant un accord d’interconnexion électrique entre les deux pays.

Ce projet, tel qu’envisagé, comprend d’une part le tronçon Ngaoundéré-Maroua (Cameroun)-N’Djamena (Tchad) d’environ 700 kilomètres, ainsi qu’une bretelle Maroua (Cameroun)-Mogrom-N’Djamena (Tchad) d’environ 250 kilomètres, pour ce qui concerne l’interconnexion proprement dite, et, d’autre part, le volet électrification rurale le long des couloirs des lignes de transport.

Il comporte également la réhabilitation de la centrale hydroélectrique de Lagdo et la construction de la centrale hydroélectrique de Bini à Warak (Cameroun), la construction de ligne de transport d’énergie haute tension et des ouvrages associés.

Selon l’étude réalisée par cette institution, d’un coût hors taxes estimé à 3,060 millions d’unités de compte (UC), l’interconnexion sera financée par un don et un prêt FAD à hauteur d’un montant cumulé de 2,5 millions d’UC.

Pour leur part, le Cameroun et le Tchad fourniront 0,56 millions d’UC constituées essentiellement de la valorisation des salaires des fonctionnaires dédiés à la réalisation de l’étude, ainsi que les différents locaux et salles mis à disposition pour les réunions de suivi et validation de l’étude.

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