Exploitation forestière. Bientôt un annuaire des bois légal au Cameroun

Ce répertoire des fournisseurs de bois légal permettra aux entreprises des Travaux publics de s’approvisionner dans des circuits formels.

Olivier BOKALE

Le phénomène du bois illégal gangrène le secteur forestier au Cameroun. En effet, plus de 800 000 m3 bois de sciage échappent chaque année aux circuits légaux au Cameroun. Ces statistiques proviennent d’une récente étude du Centre de recherche forestière internationale (Cifor), présenté le mardi 10 juillet dernier à Yaoundé. C’était à l’occasion d’un atelier d’information et de sensibilisation des entreprises de Bâtiments et Travaux Publics (BTP) sur l’approvisionnement et l’utilisation des bois d’origine légale au Cameroun. « Cet atelier est pour nous un plaidoyer que nous lançons en direction des entreprises de bâtiments et de travaux publics pour qu’à partir d’aujourd’hui, lorsqu’elles achètent ou veulent utiliser du bois, qu’elles cherchent du bois légal », plaide Patrice Bigombe, directeur du Cercle de réflexion et d’action pour le développement (Cerad). Pour le Coordonnateur régional du Cifor, « l’engagement des entreprises de BTP est le premier pas vers un changement profond dans la manière dont le bois est approvisionné pour les travaux publics ».

C’est que, avec l’évolution dans les grandes villes en termes d’infrastructures et le regain d’activité économique, il y a lieu de penser que la situation a évolué de manière substantielle, affirme Raphael Tsanga, chercheur Senior au Cifor. Selon lui, le sciage d’origine informelle est toujours très important au Cameroun. C’est même la principale source de bois aussi bien pour les ménages que pour les entreprises du secteur public et privé s’agissant des travaux de construction des infrastructures.

Cette situation est d’autant plus préoccupante qu’au niveau international, l’on constate que « depuis 8 ans suffisamment d’efforts ont été déployés pour s’assurer que la chaine de production du bois met sur le marché du bois légal », relève Patrice Bigombé, directeur du Cercle de réflexion et d’action pour le développement (Cerad). A en croire cet expert, même le bois consommé dans le marché national doit être un bois légal ». Dr Richard Eba’a Atyi, Coordinateur régional du Cifor observe que : « jusqu’à présent, la consommation nationale de bois ne tient pas suffisamment compte de la légalité ou de la durabilité des sources d’approvisionnement ».

Le projet Essor vise à faciliter la légalisation du marché domestique de bois au Cameroun en promouvant les demandes de sciages d’origine légale. Il est mis en œuvre par   le Cifor en partenariat avec Cerad, la direction de la promotion et de la transformation du bois du Minfof et l’Association nationale du collectif des vendeurs de bois et assimilés du Cameroun (Ancova). La suite de la réflexion prévoit la production d’une liste des fournisseurs de bois légal au Cameroun pour permettre aux entreprises de s’approvisionner en cas de besoin en bois légal. En s’engageant sur cette voie, les entreprises mettent en œuvre une politique de responsabilité sociale et environnementale

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