Extrême-Nord. Paul Biya instruit la réalisation de 1351 projets prioritaires

C’est dans le cadre d’un plan stratégique dédié à la relance des activités socioéconomiques dans la région.

Marlyse ABENG

Depuis le déclenchement de la guerre contre Boko Haram il y a plus de quatre ans, la crise sécuritaire a engendré des lourdes conséquences sur le développement de la région de l’Extrême-Nord. Et les conditions de vie des populations sont devenues précaires. Sur le plan humanitaire, cette crise a provoqué un afflux massif des réfugiés et des déplacés internes, causant une grande pression sur les rares ressources dont disposaient les populations hôtes. Sur le plan économique, les échanges avec les pays voisins ont enregistré une baisse drastique et les activités touristiques quant à elles aussi sont aujourd’hui quasiment en hibernation. Sur le plan social, la guerre contre la secte terroriste a aggravé le niveau de pauvreté déjà préoccupant, rendant encore plus vulnérables les populations aux divers fléaux.

C’est dans ce contexte marqué par l’accalmie et le retour progressif à la normale que, sur instruction du président de la République, le ministre de l’Economie, de la planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat) a initié en octobre 2016, une évaluation du préjudice causé par la guerre dans la région de l’Extrême-Nord. Surtout dans les départements du Mayo-Sava, Mayo-Tsanaga, Logone et Chari et une partie du Diamaré. Lesquels ont payé un lourd tribut aux exactions de la secte terroriste. Sur la base de ce préjudice causé, il a été instruit aux ministères sectoriels d’élaborer un plan stratégique pour la reconstruction et la relance des activités socioéconomiques dans la région de l’Extrême-Nord. « L’élaboration du plan stratégique répond à une très haute instruction du président de la République répercutée au Minepat en octobre 2016 lui demandant de procéder à une évaluation du préjudice causé par la guerre contre le terrorisme dans la région de l’Extrême-Nord », souligne Ahmat Tom, Sous-directeur des infrastructures au Minepat.

Il a été élaboré par un comité interministériel au sein duquel étaient représentée la plupart des administrations sectorielles concernées, les collectivités territoriales décentralisées, les chefferies traditionnelles et certaines élites. Le travail fait a débouché sur la production d’un répertoire de 1351 projets et programmes articulés autour de trois composantes : le développement des infrastructures, le développement des activités socioéconomiques et le suivi et mise en œuvre des activités dudit plan. Le montant et la date de mise en œuvre du plan n’ont pas été dévoilés, car a-t-on appris, il doit d’abord être consolidé au niveau national avant le début de sa mise en œuvre. Le plan stratégique fait la part belle aux départements du Mayo-Sava, Mayo-Tsanaga et Logone et Chari. Avant cette étape, les projets contenus dans le plan stratégique de reconstruction et de relance des activités socioéconomiques dans la région de l’Extrême-Nord ont fait l’objet de discussion A l’issue de la rencontre, l’on a appris que la mise en œuvre du plan stratégique se fera de manière progressive, en fonction des dotations budgétaires du gouvernement et des appuis provenant de ses partenaires au développement.

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