Crise anglophone. Quand les “ambazoniens” s’entretuent

Des tueries ont pris place entre les voix autorisées du mouvement qui manifestent leur colère par l’exécution de leurs membres.

Olivier BOKALE

C’est désormais la mésentente entre les leaders du mouvement sécessionniste de l’Ambazonie. La révélation est faite par le très sérieux hebdomadaire camerounais Repères. La pomme de discorde provient de l’assassinat de certains affidés de cette République imaginaire. C’est que, la responsabilité de certains leaders séparatistes est engagée dans l’assassinat de ces militants sécessionnistes. Cette crise de leadership est mise à la lumière du jour à travers des images choquantes de corps mutilés baignant dans du sang, qui irradient les réseaux sociaux. « Il s’agit des corps des adeptes du groupe séparatiste exécutés le 4 juillet 2018 par l’Ambazonian Defense Force (ADF), sous les ordres de Cho Ayaba et son général Ivo », rapportent nos confrères du journal Repères.

Suite à la publication de ces images, le mouvement ambazonien connait une vague de défections. Notamment au sein de la communauté des internautes fanatiques dudit mouvement. À la vérité, plusieurs parmi ceux commencent à émettre des doutes sur les méthodes employées par les sécessionnistes. « Je demande pardon à la République [du Cameroun] que je vilipendais il y a encore deux ans. Je demande aux autorités de nous pardonner et de reprendre ses enfants. Même les chiens ne se mangent pas entre eux », s’emporte une internaute sur son mur Facebook. Comme elle, Karitah Divone, a également décidé de jeter l’éponge. Autrefois réputé pour ses positions séparatistes, Karitah Divone s’est officiellement désolidarisé du mouvement sécessionniste. « J’ai mené ce combat avec tout ce que j’avais. J’étais presque l’anglophone le plus populaire qui attaquait les francophones dans tous les groupes Facebook et défendait notre cause. Mais il est temps pour moi de sortir de ce combat. Si c’est vrai que ces jeunes ont été assassinés par nos soins, cela veut dire que nous sommes pires que la République. Je suis désormais hors de ce satané combat », a-t-il écrit sur sa page Facebook. Une publication accompagnée des images des maisons en flammes, et le visage des cinq acteurs sécessionnistes qui auraient été exécutés par le « général » Ivo, de l’Ambazonian Defense Force.

Pour la bande à Cho Ayaba, les militants tués dans le Camps Socadef seraient coupables d’un vol de 6 millions de FCFA. Une version balayée du revers de la main par Chi Carlson, un autre leader du mouvement sécessionniste. Dans une lettre devenue virale sur internet, ce sécessionniste charge la branche armée du mouvement. « Cho Ayaba avec sa mentalité de seigneur de guerre soutenu par des criminels tels que Benedict Kuah, Kaavi (résidant en Belgique) Franck Abange (USA), et de nombreuses prostituées, incluant malheureusement des femmes mariées propagent de fausses histoires pour couvrir leur criminalité », écrit-il.

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