Crise dans les régions anglophones. Les Chefs d’Etat d’Afrique centrale contre toute ingérence
Ils l’ont indiqué lors d’une réunion de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale organisé en marge du sommet de l’Union africaine tenu en début juillet.
Pierre NGOM
En marge du 31e sommet de l’Union Africaine tenu à Nouakchott en Mauritanie, une réunion des chefs d’Etat et de délégation de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) a été présidée le 02 juillet par le Chef de l’Etat gabonais Ali Bongo Ondimgba, Président en exercice de cette communauté économique régionale. Au cours de cette concertation, le Premier ministre, Philemon Yang, a fait un exposé sur la situation politico-sécuritaire qui prévaut au Cameroun. Et au sujet de la situation dans les zones anglophones, les chefs d’Etat d’Afrique centrale ont déclaré qu’il s’agit « d’un problème interne au Cameroun, maitrisé par les autorités camerounaises et ne nécessitant à ce stade aucune intervention de la communauté internationale ». Ces derniers ont en plus « réaffirmé leur attachement au principe de non-ingérence dans les affaires internes des Etats et du respect de l’intégrité territoriale du Cameroun qui est un Etat uni et indivisible ». Lors d’une audience le 12 juillet, cette position de la CEEAC a été réitérer au Secrétaire Général adjoint des Nations Unies pour les opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix, par le Secrétaire Général de la CEEAC, l’ambassadeur Ahmad Allam-Mi.
Le soutien de l’Afrique centrale vis-à-vis du Cameroun monte donc d’un cran. Les 3 et 4 mars dernier, lors de cinquième session ordinaire du regroupement des ministres du Conseil paix et sécurité de l’Afrique centrale tenue à Libreville, il avait déjà été clair. Le Conseil des ministres avait notamment condamné avec la plus grande fermeté, les velléités sécessionnistes des régions anglophones du Cameroun, et exprimé son soutien sans réserve aux autorités camerounaises. Un soutien sans ambigüité, aux antipodes des discours qui mettent sur le même pied d’égalité, l’armée et les milices d’inspiration sécessionnistes. Comme pour anticiper, le Conseil des ministres avait, par la même occasion, « rejeté toute ingérence extérieure dans les processus électoraux de la région ».
Aujourd’hui, c’est toute l’Afrique qui est derrière le président Paul Biya pour la préservation de la paix et de l’unité du Cameroun. En visite à Yaoundé les 12, 13 et 14 juillet dernier, le président de la Commission a exprimé en des termes clairs le soutien de l’organisation continentale à l’unité et à la stabilité du Cameroun, « un symbole d’unité, d’harmonie et de concorde ». Car pour Moussa Faki Mahamat, « aucun différend en Afrique ne saurait être résolu par la violence». Le patron de la Commission de l’Union africaine a d’ailleurs promis de «prendre les mesures idoines pour que cette solidarité et compassion se traduisent dans les faits à travers une initiative pertinente qu’appelle la situation ».