Un autre rapport erroné sur la crise anglophone

Un rapport produit ce 22 juillet par ACLED (une sorte de base de données sur les conflits armés dans le monde) et publié par Relief, un service numérique spécialisé du bureau des Nations Unies pour la Coordination des affaires humanitaires, maintient que des soldats blancs combattent dans les régions Nord-Ouest et du Sud-Ouest, entre autres fausses informations publiées dans le rapport.

Anaïs FOUMANE

Le sujet avait pourtant déjà été en débat devant le parlement. Face aux députés et sénateurs, le Ministre délégué à la présidence, chargé de  Défense, Joseph Beti Assomo rassurait qu’il n’y’a pas de forces combattantes étrangères aux côtés des forces de défense camerounaises. Contre toute attente, un rapport produite ce 22 juillet par ACLED et publié par Relief, une structure rattachée aux Nations Unies s’obstine à affirmer que des forces spéciales venues d’outre-mer prêtent main forte aux soldats camerounais en proie avec les sécessionnistes. Cette affirmation qui s’appuie sur le témoignage «  des civils » tel que le précise ce rapport discrédite  tout le document. L’auteur a en effet adopté une posture partiale pour évoquer les causes et la nature des violences au Cameroun. Violence politique au Cameroun anglophone du titre de ce document de 2 pages décrit de façon  sommaire les deux grandes crises sécuritaires qui secouent le Cameroun depuis 2014. Il y’a d’abord eu Boko Haram, qui s’est affaibli grâce au dispositif militaire déployé au Cameroun et dans la sous-région. Vient ensuite la crise dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest. S’agissant des causes des violences qui y ont désormais cours, le document affirme que « Les Camerounais anglophones, frustrés d’être systématiquement marginalisés dans les institutions publiques et les positions étatiques, se sont mobilisés pour créer la République fédérale d’Ambazonia ».  Ce à quoi, les Forces de défense et de sécurité camerounaises ont donné une réponse brutale, selon le rapport publié par relief. Ledit rapport mentionne que ces policiers et militaires ont causé de lourds dégâts matériels et entravent sérieusement les activités économiques. Ce que le rapport oublie de préciser c’est la volonté affichée du gouvernement de répondre aux besoins exprimés dès le début des revendications en septembre 2016.

Le document omet également de relever que chaque fois que le gouvernement a initié des démarches en vue d’apaiser  les tensions et de régler les différends par le dialogue, de l’autre côté, les positions se radicalisaient. Les revendications corporatistes sont devenues  des exigences politiques avant de dégénérer en lutte armée. Il est également clair que le Cameroun demeure jusqu’ici un Etat  de droit et comme l’a souvent déclaré le chef de l’Etat, la forme de  cet Etat est non négociable, et toute revendication qui ne tient pas compte du caractère unitaire du Cameroun n’est pas conforme à la constitution. A la lecture du rapport il est aisé de conclure que l’auteur a soigneusement évité de faire recours aux sources  fiables à défaut d’aller recueillir l’information sur le terrain. Cela lui aurait permis de réaliser que dans les faits, les sécessionnistes, ne sont pas  les victimes. C’est un véritable paradoxe que de piller, casser, décapiter et déclarer par la suite être victimes d’exactions commises par une armée soutenue par des « soldats blancs ». Comme avec Amnesty International ou Human Rigths watch, ce énième rapport vient simplement fausser les perceptions sur l’implication et le rôle véritable de toutes parties prenantes à cette crise sécuritaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *