Diversification agricole. Le Cameroun mise sur la filière noix de cajou

Le pays développe actuellement un projet de mise en œuvre de 100 000 hectares de plantation de cette culture au potentiel agro économique énorme.

Oliver BOKALE

Le Cameroun est ambitieux sur ce coup. Devenir le premier producteur mondial de la noix de cajou. Le projet consiste à investir massivement dans le développement des plantations d’anacardier sur 100 000 hectares. La zone retenue pour héberger ce projet est la partie septentrionale du Cameroun. En effet dans un contexte de diversification agricole, il semble pertinent de développer d’autres cultures de rente à côté du coton qui demeure la seule culture de rente d’envergure au Nord du Cameroun. Voilà qui explique ce choix opéré par le gouvernement camerounais sur la production de l’anacarde. D’ailleurs les experts agricoles s’accordent sur le fait que cette culture a l’avantage d’être adaptée aux aléas climatiques qui caractérisent le Grand-Nord. Un avis partagé par Foudama, le délégué régional de l’Agriculture pour le Nord. « La production cotonnière est tributaire des caprices du climat, notamment la pluviométrie. Quand vous avez une culture comme l’anacarde, qui est adapté aux zones chaudes, c’est beaucoup plus intéressant », explique-t-il.

Production des plants

Sur le terrain, le projet fait ses premiers pas. Depuis plus le mois de juin dernier, l’Institut de recherches agricoles pour le développement (IRAD) est aux avant-postes de ce projet. Ceci à travers une vaste opération de distribution des plants d’anacardiers aux populations. L’opération qui concerne les régions du Nord, de l’Extrême-Nord et de l’Adamaoua, s’étend également à la région de l’Est. Ce matériel semencier constitue la première cargaison de 50 000 plants sur un lot total de 500 000 plants en cours de production dans les laboratoires de l’IRAD. Selon les projections faites par ses responsables, l’IRAD devrait atteindre un volume de production de 10 millions de plants d’anacardiers 2021. Ces plants qui seront par la suite distribués gratuitement aux agriculteurs camerounais, dans l’optique de ravitailler les 100 000 hectares de plantations à créer dans le pays.

La Sodecoton se positionne

De nombreux opérateurs semblent avoir fleuré la bonne affaire. C’est le cas de la Société de développement du coton dont les cadres élaborent actuellement un projet pour cette culture. Il s’agit pour le fleuron de l’Agro-industrie septentrionale, de planter environ 50 000 hectares d’anacarde sur une période de 10 ans à travers des parcelles cultivables situées dans la région de l’Extrême-Nord. Cette superficie représente le quart de l’ensemble des terres actuellement occupées par la culture du coton. Cette initiative viendra s’ajouter à celle de certains opérateurs qui investissent depuis quelques années dans la filière de la noix de cajou. Le plus représentatif étant le groupement d’initiative commune dénommé GIC Ribaou. Avec son verger qui s’étale sur près de 650 hectares, ce GIC a produit à lui tout seul, pour la saison 2017, à peu près 33,6 tonnes d’anacarde. Mieux, le regroupement de producteur s’investit dans la transformation à travers une unité de concassage d’une capacité quotidienne d’une 1,5 tonne de noix de cajou transformé.

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