Présidentielle 2018. La presse internationale prédit une victoire à Paul Biya

Face à une opposition désunie, de nombreux observateurs prédisent une victoire retentissante du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), parti au pouvoir lors de la présidentielle du 7 octobre 2018.

Anaïs FOUMANE

De Paris à New York en passant par Toronto au Canada, la presse est quasi-unanime pour dire que la prochaine élection présidentielle va voir la victoire du Président sortant Paul Biya. Les arguments avancés pointent la désunion de l’opposition comme une faiblesse de celle-ci. En effet à l’issue du délai fixé pour le dépôt des candidatures à la présidentielle du 7 octobre, Election’s Cameroon a recensé 28 dossiers de candidature. Six candidatures indépendantes mais aussi 22 formations politiques dont le RDPC d’où est issu le Président Paul Biya. Pour le journal Wral dont le siège est établi en Caroline du Nord au Etats-Unis, « La décision de ne pas former une coalition de l’opposition renforcera vraisemblablement la victoire de Biya lors du vote du 7 octobre. » Pourtant, il y’a quelques mois, plusieurs rapprochements avaient laissé penser qu’une forte coalition se préparait pour affronter le Candidat sortant. Akéré Muna du mouvement NOW qui a finalement été investi par le  Front Populaire pour le Développement (FPD) avait à plusieurs reprises déclaré qu’il travaillait dans le sens d’une coalition de l’opposition. Interpellé sur cette question après son dépôt de candidature, le juriste a déclaré que la coalition pouvait toujours se faire même après cette étape. Maurice Kamto du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) ne s’est jamais montré hostile à l’idée d’une coalition forte pour ce scrutin, cependant c’est en  chevalier solitaire qu’il a  déposé sa candidature pour cette présidentielle. Sous la bannière du Social Democratic Front (SDF), Joshua Osih, n’a jamais réellement montré une certaine affinité avec l’idée d’une coalition.  Ce parti estime d’ailleurs qu’en 1992, lors de la première élection présidentielle multipartite depuis plusieurs décennies, il n’a pas eu besoin d’une coalition pour challenger le RDPC. Aussi, 26 ans plus tard,  le SDF pense être capable de remporter cette élection sans le soutien d’un autre parti politique. Celui qui s’est souvent auto-proclamé « Macron » du Cameroun ne s’est pas montré plus collaboratif. Cabral Libii puisqu’il s’agit de lui, a laborieusement collecté 30 millions de Francs CFA nécessaires pour la caution et a décidé de présenter sa candidature contre  le RDPC et 26 autres candidats.  Face à une opposition aussi divisée où chacun caresse le rêve d’être élu président en octobre prochain, le think tank américain Council on foreign relations déclare que la victoire est une certitude pour le Président Paul Biya, même si celle-ci  risque d’augmenter les tensions dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

D’autres acteurs ne sont pas de cet avis, et pensent que pour l’heure seul le Chef de l’Etat a la capacité  de mettre un terme aux violences sécessionnistes. C’est l’un des arguments avancés par le G20, la coalition des partis politiques qui s’est formée pour soutenir la candidature du Président Paul Biya. Tabi Owono, président de l’AMEC (Action pour la Méritocratie et l’Egalité des Chances), Jean de Dieu Momo jadis fervent opposant au Président Paul Biya, entre autres,   ont concrétisé leur soutien par la création d’une plateforme commune autour  du Candidat sortant le 20 juillet dernier. Pour les acteurs de cette plateforme, outre la situation sécuritaire, c’est aussi l’absence d’une coalition de l’opposition qui a motivé leur décision de soutenir  le candidat Paul Biya pour le  scrutin du 7 octobre 2018.

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