Violences dans les régions anglophones. L’ONU demande une enquête au gouvernement

Dans une déclaration faite ce 24 juillet 2018, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, demande des enquêtes gouvernementales sur les cas de violence perpétrés dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Anaïs FOUMANE

Cette réaction des Nations unies était spécialement attendue par les activistes sécessionnistes qui n’ont ménagé aucun effort pour faire entendre « leurs versions » de l’histoire de la crise qui se déroule dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest. L’ONU s’est en effet exprimée ce mercredi 24 juillet par la voix   de Zeid Ra’ad Al Hussein, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme. En filigrane de sa déclaration le haut fonctionnaire réaffirme la légitimité du Cameroun unitaire et appelle le gouvernement à prendre ses responsabilités dans le cadre des bavures qui peuvent être faites par les forces armées mais aussi pour les violences commises par les groupes armés sécessionnistes. Dans ce sens, Zeid Ra’ad Al Hussein, exhorte l’Etat « à lancer des enquêtes indépendantes sur les violations des droits de l’Homme » commises dans les régions en crise. Ce qui pour le gouvernement camerounais, doit sonner comme un simple rappel, car il   place la question du respect des droits de l’homme au centre de ses priorités en temps de paix comme en temps de guerre. A plusieurs reprises il est arrivé que des soldats soient sévèrement sanctionnés pour des fautes graves liées aux droits humains. Aussi, même si les bavures ne sont pas une exclusivité de l’Armée camerounaise, les responsables mettent un point d’honneur à construire une armée professionnelle dont la raison d’être est la protection des citoyens et la sauvegarde de l’intégrité territoriale. Pour les brebis galeuses, les sanctions sont sévères. Dans le cadre de l’affaire du viol présumé d’une civile dans la ville de Bamenda, un élément des forces de défense a été appréhendé et après les enquêtes, si les faits sont avérés il sera puni suivant les lois en vigueur. De même, suite à la diffusion de la vidéo qui semble mettre en scène des éléments des Forces de défense procédant à des exécutions sommaires sur deux femmes et deux enfants, une enquête a été ouverte et son évolution est suivie de près par le Chef de l’Etat Paul Biya. Les conclusions de cette enquête vont certainement donner lieu à de lourdes peines, quelques soient les auteurs.

La réaction prudente du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme est assez compréhensible au regard des manipulations qui sont faites des informations qui circulent dans le cadre de cette crise. Les sécessionnistes se sont lancés dans une activité de propagande et n’ont aucun scrupule à décontextualiser les photos, monter des vidéos pour faire croire à un génocide perpétré par l’armée camerounaise sur les ressortissants du Nord-ouest et du Sud-ouest. Pourtant par ailleurs, dans un illogisme qui traduit l’inconséquence de leur projet de partition, ces mêmes activistes se vantent des décapitations qu’ils commettent sur les éléments des forces de l’ordre, ils se félicitent de tuer au moins 3 soldats par jour… Que faut-il croire au final, ces sécessionnistes sont-ils simples victimes, ou bourreaux vicieux ? Une question qui a certainement taraudé l’esprit du haut fonctionnaire des Nations unies, qui voudrait pouvoir vérifier les allégations de génocide avant de se risquer à prendre des postures partisanes. Il n’a pas manqué de condamner l’attaque du cortège du Ministre de la Défense en date du 13 juillet dans la ville de Kumba. Cette réaction de l’ONU sonne comme une victoire pour les sécessionnistes, sa déclaration est d’ailleurs devenue virale au sein de la communauté virtuelle des activistes sécessionnistes. Pourtant au final, elle rappelle simplement au gouvernement du Cameroun qu’il a la charge en tant qu’Etat souverain de s’activer pour mettre fin aux violences sur son territoire.

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