Bilinguisme et multiculturalisme. Londres propose son appui

L’offre a été déclinée à la « commission Musonge » par le Haut-commissaire de Grande Bretagne au Cameroun.  

Pierre NGOM

« Nous souhaitons accompagner les actions de la commission pour surmonter les défis mais surtout, maximiser les opportunités dans un pays comme le Cameroun, qui a une grande diversité », a déclaré ce 24 juillet le Haut-commissaire de Grande Bretagne au Cameroun. Rowan James Laxton sortait d’une audience avec Peter Mafany Musonge, le Président de la Commission nationale pour le bilinguisme et du multiculturalisme (CNPBM). Parmi ces défis figure en bonne place la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, où le pays fait face à la violence de sécessionnistes terroristes. « Le Cameroun est bien connu pour sa diversité culturelle, sa biodiversité et sa diversité linguistique. C’est un grand atout, d’où le bien-fondé de cette coopération de la part du gouvernement britannique et de plusieurs organisations, à l’exemple de la Westminster Foundation for Democraty, dont les experts m’accompagnent », explique le diplomate Britannique qui avait en effet à ses côtés, tout au long de cette audience, Sophia Fernandes et Majda Elbied de la Westminster Foundation for Democracy.

Cette proposition intervient quelques mois après le débat sur la crise dans les régions anglophones survenu au parlement britannique le 15 mai 2018. A cette occasion, Harriet Baldwin, ministre d’Etat en charge de l’Afrique, répondant à une question d’un député travailliste (opposition), avait clairement martelé que la violence n’était pas une solution. « Nous encourageons non seulement le gouvernement, mais aussi tous les Camerounais à participer à un processus de dialogue inclusif » avait-elle indiqué. « C’est une année électorale et les élections doivent avoir lieu, sans que les gens n’aient recours à la violence », avait-elle ajouté. Un appel que les sécessionnistes n’ont pas entendu, eux qui multiplient les exactions dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, mettant toujours à mal les populations.

Les séparatistes avaient déjà fait la sourde d’oreille à un message de la reine d’Angleterre. Le 8 septembre 2017, la Reine Elisabeth II avait en effet réservé une fin de non-recevoir à une demande d’audience introduite par des représentants du mouvement sécessionniste. Selon Tobias Ellwood, responsable en charge des relations avec l’Afrique et le Moyen Orient, « le Royaume-Uni reconnaît les résultats du referendum organisé en 1961 par les Nations Unies sur les territoires sous-mandat britannique en Afrique. » Au cours de ce referendum, « les deux régions qui constituent le Southern Cameroon ont accepté de devenir une partie du Cameroun francophone », rappelle fort opportunément le responsable en charge des relations avec l’Afrique et le Moyen Orient. En 2003, le Southern Cameroon National Council (SCNC) a échoué dans ses revendications indépendantistes, devant la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples. Cette pétition a été rejetée en 2009 par la Commission, qui en a appelé à un dialogue constructif entre les parties. « Le Royaume-Uni encourage toutes les parties à accepter et à s’appuyer sur cette recommandation, pour construire un futur stable et prospère pour tous les Camerounais », tranche Tobias Ellwood.

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