Crise anglophone. Christian Tumi annonce une conférence générale pour dialoguer

Malgré la recrudescence des exactions terroristes commises par les militants acquis à la cause séparatiste, le Cardinal et des dignitaires religieux misent sur l’apaisement.

Olivier BOKALE

Les dignitaires religieux issus des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest croient au Dialogue. Nonobstant l’escalade de la violence entretenue par les militants radicalisés du mouvement séparatiste de l’ « Ambazonie », ce groupe de leaders, chapoté par le Cardinal Christian Tumi, organise la tenue d’une instance de dialogue. Il s’agit de la Conférence Générale des Anglophones (CGA), prévue les 29 et 30 août prochains. Buéa, le chef-lieu de la région du Sud-Ouest est la ville retenue pour accueillir cette rencontre hautement importante au regard des enjeux. Ladite conférence vise à trouver une solution définitive à la situation de crise sociopolitique et sécuritaire qui prévaut dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Dans un communiqué signé hier 25 juillet par le Cardinal Christian Tumi, le révérend George Babila Fochang de la Presbyterian Church in Cameroon, l’imam Turkur Mohammed Adamu de la mosquée centrale de Bamenda, l’imam Alhadji Mohammed Aboubakar de la mosquée centrale de Buéa ; tous originaires des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, appellent le gouvernement, les populations et tous les acteurs de la crise, à œuvrer pour le succès de cette initiative. « Nous prions dans cette lancée, le gouvernement camerounais, à créer les conditions favorables à la tenue de ladite conférence », ont-ils souhaité. Ces dignitaires religieux invitent Bernard Okalia Bilaï et Adolphe Lelé Lafrique, respectivement gouverneurs des régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest, à prendre personnellement part à la CGA.

Par ailleurs, les membres du comité d’organisation de ce conclave sollicitent « la libération de toutes les personnes impliquées ou détenues, en relation avec cette crise depuis 2016, tout en implorant la facilitation du retour des personnes déplacées ou réfugiées en raison de cette crise ». De plus, « nous demandons également aux ressortissants de cette partie du pays, de faire des sacrifices malgré la difficulté, pour participer et contribuer à cette conférence », implorent-ils. Simon Munzu, un membre connu de la société civile, a été désigné porte-parole du comité d’organisation de cette conférence.

L’organisation de la Conférence Générale des Anglophones, intervient dans un contexte marqué par une intensification des violences et des pertes en vie humaine y compris dans les rangs des ministres du culte. La dernière en date restant l’assassinat, il y a quelques jours, d’un prêtre, le père Alexandre Sob, curé d’une paroisse de Buea, abattu vendredi 20 juillet par des individus non-identifiés, dans la ville de Muyuka. Une semaine avant, le 14 juillet, c’est un pasteur, provenant du Ghana qui a trouvé la mort dans la région du Nord-Ouest. Et depuis plusieurs semaines, l’Eglise catholique camerounaise ne cache pas sa préoccupation devant la dégradation de cette crise sociopolitique. Les évêques exhortent les belligérants à mettre un terme aux violences, pour épargner au pays une guerre civile inutile.

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