Christian Tumi. Le Cardinal pyromane s’est-il reconverti ?

Alors qu’il a régulièrement brillé par des prises de position partisanes et iniques au sujet de la crise anglophone, le prélat se découvre les talents de médiateur à 87 ans.

Olivier BOKALE

L’actualité vient à nouveau de le mettre au-devant de la scène. Et pour cette fois, le Cardinal Christian Tumi revêt l’étole de l’apôtre de la paix et de la non-violence dans le cadre de la crise sociopolitique qui paralyse les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. L’archevêque honoraire du diocèse de Douala fait office de figure de proue du regroupement des dignitaires religieux à l’origine de la convocation d’une Conférence générale des Anglophones (CGA), prévue les 29 et 30 août prochains à Buea. Aux côtés du révérend George Babila Fochang de la Presbyterian Church in Cameroon, l’imam Turkur Mohammed Adamu de la mosquée centrale de Bamenda et l’imam Alhadji Mohammed Aboubakar de la mosquée centrale de Buéa, le prélat de 87 ans est le seul ministre du culte de la très influente église catholique à signer le communiqué commis pour la circonstance le 25 juillet dernier.

Dans l’absolu, cette initiative qui vise à poser les bases d’un dialogue entre les affidés du mouvement sécessionniste de l’Ambazonie et le gouvernement semble tomber de sens. Car, in fine, l’objectif est de ramener la paix dans cette partie du Cameroun où les populations sont persécutées au quotidien par la branche armée du mouvement séparatiste. Mais la nouvelle soutane du prêtre originaire du Nord-Ouest a de quoi interloquer, voire choquer plus d’une personne au sein de l’opinion. Visiblement, Christian Tumi semble avoir choisi son camp dans ce qu’il convient d’appeler « crise anglophone ». Autant le dire, ce camp est à mille lieux d’être celui de l’objectivité. En tout cas il suffit de revisiter quelques clichés parmi les multiples sorties, souvent intempestives, du cardinal de 87 ans au sujet de cette crise pour s’en convaincre.

« J’ai voté pour le fédéralisme et je reste fidèle à cette idéologie », déclarait-il. Un véritable aveu, révélateur du caractère partial et militant du néo-chantre du Dialogue. De sa posture inique, Christian Tumi affiche un mutisme déconcertant face aux exactions orchestrées par les bandes armées sécessionnistes qui sèment la terreur dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. De fait, les Ambazoniens pilleurs, violeurs, voleurs et assassins… semblent curieusement trouver grâce à ses yeux. Son glaive et ses saillies unidirectionnels sont systématiquement dirigés contre les pouvoirs publics. Alors que la fameuse histoire des supposés tueries dans la localité KwaKwa irradiait les réseaux sociaux, Christian en a rajouté une couche à cette affaire montée de toute pièce. « Des villages entiers ont été entièrement rasés », affirmait-il « gratuitement » ; sans en apporter la moindre preuve de son allégation. Cette sortie, digne d’un pyromane –sans doute indigne pour la soutane- a eu le don d’embraser une situation délétère au moment où l’escalade de la violence était au PIC dans les régions anglophones. On en est à se demander si le cardinal aux relents pyromanes s’est désormais reconverti pour être médiateur dans une affaire où son parti pris semble établi.

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