Mouvement sécessionniste. Une coalition des blogueurs en construction

À quelques semaines de la tenue de la Conférence de tous les Anglophones qui vise à créer un leadership de cette cause en vue d’un éventuel dialogue, les activistes de la toile tentent un regroupement pour contrecarrer la tenue de ladite conférence et de la présidentielle. Les activistes unis, du nom de cette plateforme représente le peuple d’ambazonie, selon l’activiste Marck Bareta.

Anaïs FOUMANE

La plateforme « les activistes unis» n’est pas associée à un groupe politique, selon Mark Bareta, un activiste recherché par la justice camerounaise. L’idée de ce projet de coalition serait née il y’a une semaine avec comme objectif de rendre impossible la tenue de la présidentielle dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, mais aussi, le boycott de la « All Anglophone conférence » qui doit se tenir les 29 et 30 aout 2018 à Buea. Cette plateforme sera un regroupement de tous les blogueurs qui militent pour la partition du Cameroun. Elle vise surtout à uniformiser les discours dissonants et contradictoires qui émanent souvent de ces activistes confirmant par-là même, que leurs déclarations ne reflètent pas la réalité. La plateforme regroupe 16 individus actifs sur les réseaux Facebook et Twitter. Il s’agit d’Akoson Pauline, Capo Daniel, Cecilia Amabo, Asu Luca, Mami Gera, Abu Fri, Succès Nkongho, Grace Adjeli, Akoson Raymond, Ashu Kingsley, Mark Bareta, Eric Tataw, Caroline Fru, Silas Atefor, Afu Ugynns Aneng.

Depuis l’arrestation de Sisusku Ayuk Tabe qui se présentait comme le président de la république imaginaire d’ambazonie, le mouvement sécessionniste peine à assoir un nouveau leadership. Après de nombreuses tensions suscitées par des convoitises claniques, le gouvernement intérimaire de Samuel Ikome ne fait pas l’unanimité. Bien au contraire, quand les activistes ne sont pas à la publication de fausses informations sur la toile, ils s’affrontent par directs interposés pour  contester le leadership des uns et des autres. De même, sur le terrain, les groupes armés qui sèment la violence dans les villes et villages des régions en crise se revendiquent de plusieurs commandements. Par ci, les dragons rouges, par là les forces de défense d’ambazonie.

Le mouvement sécessionniste laisse clairement apparaitre un anarchisme qui lui enlève toute crédibilité. Ce désordre conforte l’idée que se fait la majorité des Camerounais, à savoir, qu’il s’agit simplement d’une imposture orchestrée et entretenue par des individus qui espèrent créer le chaos pour s’arroger des postes de responsabilités auxquels ils ne sauraient prétendre dans un contexte de calme et de lucidité. Cette nouvelle mobilisation des blogueurs est une tentative désespérée de faire échouer la conférence du 29 aout prochain qui pourrait être un bon prélude à un véritable dialogue national. Car, en réalité, face au gouvernement quels sont les interlocuteurs disposés à mener un dialogue ? En toute logique, est-il possible de discuter avec un individu qui s’obstine à lutter, qui reste dans le déni et qui proclame que seule la lutte armée pourra permettre une sortie de crise ? Malgré les nombreuses voix d’ici et d’ailleurs qui s’élèvent pour condamner l’idée d’une partition du Cameroun, les sécessionnistes s’obstinent et s’enracinent dans la violence. Toutefois, au bout de 20 mois de crise, le Cameroun doit pouvoir sortir de ce sombre épisode et poursuivre sa marche vers l’émergence. Aussi, il reste à souhaiter que les rapports à tête chercheuse commis par les ONG et les organismes des Nations-Unies ne feront plus l’impasse sur cet activisme qui vise par tous les moyens à empêcher un retour au calme dans les régions en crise.

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