Retour à la paix, OUI ! Dialogue social conditionné, NON !

Depuis les évènements qui ont servi de prologue à la crise sécuritaire qui secouent en ce moment les régions anglophones, le gouvernement n’a pas fermé la porte au dialogue dans la quête de solutions. Et aujourd’hui encore, le « mendiant de la paix » et son équipe restent ouverts à toute initiative, mais dans le seul respect de la légalité.

Charles ABEGA

C’est en octobre et novembre 2016 que des voix s’élèvent depuis les couloirs des tribunaux, et des salles de classes des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun. Il était alors question pour les juristes et enseignants d’exprimer quelques frustrations et exposer au pouvoir institutionnel certaines doléances qui, résolues, devraient donner plus d’allant à leurs activités. Et l’Etat s’est fait considérablement réceptif puisque, quelques temps seulement après les manifestations corporatistes, des solutions consensuelles furent apportées aux griefs présentés par les uns et les autres. Les magistrats par exemple auront le précieux Droit OHADA traduit du français à l’anglais pour faciliter la pratique de l’exercice juridique dans la zone ; certains principes du Common Law, qui auraient été lésés et pas pris en compte dans l’élaboration de certains textes du Code civil et du Code de procédure civile et commerciale bilingues, ont également été réajustés, même parfois jusqu’aux points les plus inattendus. Tenez par exemple, à l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature (ENAM), une nouvelle section est automatiquement ouverte, spécialement consacrée au Common Law. L’administration des services publics de Justice qui était parallèlement querellée, va également connaître certaines réformes profondes. Tout un tribunal exclusivement réservé aux anglophones est créé. Les enseignants qui de leur côté, revendiquaient la formation et l’affectation d’enseignants parfaitement bilingues dans tous les établissements scolaires et universitaires du Cameroun, pour le confort des élèves et étudiants originaires de ces régions, auront également réponse à leurs inquiétudes.

Paul Biya et son gouvernement savent donc continuellement rester à l’écoute et sont disposés à avancer, tout en considérant les désidératas des uns et des autres. Ainsi donc, la démarche initiée il y a quelques jours par le Cardinal Christian Tumi, dans un élan supposé patriotique, fut prima faciès, bien accueillie par l’opinion nationale et surtout par le gouvernement, qui ne ménage aucun effort pour rechercher la paix et la stabilité sur toute l’étendue du territoire camerounais. Pourtant, l’initiative de l’homme d’église rencontre un peu d’adversité car, comportant visiblement des germes endogènes favorables à sa déconstruction. Et parmi ceux-ci, l’immunité évoquée par les porteurs de cette nouvelle démarche, en faveur des premiers activistes pilleurs et incitateurs à la violence. Ils se sont attaqués à la République à travers ses institutions et ses représentants, et doivent donc automatiquement répondre devant la justice libre du pays, comme c’est le cas dans tout Etat de droit. Comment penser donc qu’une initiative ayant pour objectif final la recherche d’une paix durable puisse ignorer les plaies encore béantes et celles à venir de ces victimes qui n’ont jamais rien demandé ?

Difficile en effet d’élaborer une base de travail pour une plate-forme qui se veut sérieuse, sur des arguments défiant toute légalité, dans un contexte aussi grave que celui que traverse aujourd’hui notre pays.

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