Nord-Ouest/Sud-Ouest. Du sécessionnisme au grand banditisme

L’alerte serait venue  des autorités gouvernementales. Certains donneurs de leçons auraient crié à  la  manipulation de l’opinion. Les bandes armées sécessionnistes excellent pourtant dans le grand banditisme, tel que le révèle l’un des activistes les plus suivis de la Toile. Les témoignages des victimes confirment ce phénomène.

Anaïs FOUMANE

C’est une publication de l’activiste Mark Bareta qui déclenche une avalanche  de  témoignages. Selon cette publication,  une cellule de dénonciation aurait été créée au sein de l’organisation sécessionniste pour recueillir les témoignages des populations qui sont de plus en plus nombreuses à subir les affres des bandes armées sécessionnistes qui pullulent dans le  Sud-ouest et le Nord-ouest.  Un numéro et une adresse électronique  sont ainsi mis à la disposition des personnes victimes de harcèlements, d’extorsion, d’exactions, de tueries. De nombreux témoignages sont en effet venus confirmer les accusations portées dans cette publication. Dans la localité de Mbongé au Sud-ouest par exemple, un jeune homme affirme que les populations vivent dans la peur des « amba boys » car ceux-ci  soumettent les populations à des bastonnades, et souvent commettent des meurtres. Le même témoignage déclare que ces bandes armées clament la constitution d’un gouvernement et que désormais, il faudra lui être soumis au risque de subir les répressions les plus violentes. Les histoires de ces populations prises en otages donnent froid dans le dos. « Mami Eka » est une femme d’environ 60 ans qui a été battue à mort car elle et son mari étaient soupçonnés d’être favorable au gouvernement. Les hommes d’Eglise n’ont aucun répit, quand ils ne sont pas simplement abattus, ils sont soumis au chantage. Un pasteur avoue avoir été attaqué par un gang qui lui demande de lui verser 400.000 francs CFA, s’il souhaite poursuivre paisiblement son activité.

Le mal est profond, et appelle à plus de vigilance des autorités  et forces de défense et de sécurité. Sous le prétexte de revendications politiques qui ne prospèrent ni dans les deux régions, ni à l’international  ces groupes armés transforment des villages entiers en  grands repères de criminels. Une situation qui pourrait s’exacerber après l’incident de la prison centrale de Ndop. Selon une source militaire bien au fait des réalités du terrain, l’évasion des 163 détenus, survenue  dans la nuit du 28 au 29 juillet 2018 à la prison centrale de Ndop, loin d’être une avancée pour ces revendications sécessionnistes, est simplement un incident malheureux qui va causer du tort aux populations et desservir la cause. Car en effet, ces détenus rappelait-il, sont des criminels spécialisés dans des actes tels que le vol, le viol et les meurtres pour certains. Aussi, une évasion, si elle leur donne la liberté  de mouvement qu’il n’avait pas jusque-là, ne va malheureusement pas les transformer en honnêtes citoyens. En outre, puisqu’ils sont appelés à vivre comme des fugitifs, ces évadés  vont simplement se remettre à leurs activités d’antan au grand dam des populations.

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