Croissance économique. De belles perspectives pour le Cameroun

C’est l’une des conclusions d’une mission de surveillance multilatérale de la Cemac qui vient de séjourner au pays. 

Pierre NGOM

Entre le 16 et 27 juillet 2018, la mission de surveillance multilatérale de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (Cemac) a examiné la situation économique et financière du Cameroun. A la fin de son séjour, l’équipe conduite par Jean-Claude Nguemeni, Directeur de la Surveillance Multilatérale, a rendu  ses conclusions dans un communiqué de presse publié le 30 juillet. On apprend ainsi que la Cemac projette un redressement de la croissance du Cameroun en 2018. D’un taux de 3,2% l’année dernière, elle devrait se située à 4% cette année. Cette embellie sera portée principalement par une bonne tenue de l’activité dans le secteur non pétrolier (4,3% contre 4,7% en 2017) et une augmentation très significative de la production gazière (521%). Cette hausse de la production de gaz va atténuer l’impact de la baisse de la production pétrolière projetée de 6,1% sur la croissance du secteur pétrolier.

L’autre bonne nouvelle, c’est que cette tendance devrait s’étaler dans le temps. Pour 2019, l’institution communautaire prévoit une augmentation de la croissance à 4,5%. Elle sera supportée par l’accroissement de l’offre énergétique avec la mise en service du barrage de Memve’ele et les effets induits sur la demande intérieure de l’organisation de la Can 2019. Cet optimisme est également partagé par le Fonds monétaire international (FMI). Dans un communiqué publié le 6 juillet, l’institution de Bretton Woods projette aussi un redressement de la croissance à 4 % en 2018. Les prédictions du FMI reposent sur le lancement de la production de gaz mais également sur l’augmentation des activités du BTP grâce à la Coupe d’Afrique des nations 2019 et sur une amélioration de l’approvisionnement en énergie. Pour le FMI, « la croissance devrait atteindre progressivement son niveau potentiel de 5 à 5,5 % » à moyen terme. Et cela grâce à  la mise en exploitation d’infrastructures importantes dans les secteurs de l’énergie et du transport, ainsi que par l’augmentation de l’investissement privé.

Pour garantir l’atteinte de ses résultats économiques nécessaire pour conduire le pays vers l’émergence,  tous les camerounais doivent se ranger derrière le président de la République pour mettre un terme aux velléités sécessionnistes dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest. Parmi les éléments qui pourraient freiner ces belles perspectives la Cemac et le FMI citent en effet la persistance de la crise dans les régions anglophones. Parmi les risques figurent également une évolution défavorable des prix des produits de base, une lassitude face aux réformes à la veille de l’élection présidentielle de l’automne prochain et la matérialisation de passifs contingents qui pourraient peser sur la dynamique de la dette.

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