Retirer la CAN 2019 au Cameroun. Une bataille stratégique bien au-delà de l’arène sportive

Après quelques poussées d’adrénaline à cette autre annonce sur les réseaux sociaux, la courbe est heureusement très vite retombée après la déconstruction du fake news. Un de plus, et visiblement, un pour rien.

Charles ABEGA

Le sujet est donc revenu une fois de plus sur le haut du diagramme des faits d’actualité les plus évoqués de la semaine. Et comme à l’accoutumée, le post émis à partir du compte Facebook de l’ancien footballeur international égyptien Ahmed Shoubeir, a fait le tour des écrans bleus de nos terminaux androïdes, en quelques petites minutes. Et comme dans un cas de coïncidence toute fortuite, quelques publications en ligne ont servi promptement de relais à cet autre immonde montage, destiné à retourner une fois de plus un peuple accroché à son projet et décidé à donner le meilleur de son hospitalité à l’Afrique toute entière, au monde entier en route vers le Cameroun. Car, faudrait-il vraiment le rappeler ici, la Coupe d’Afrique des Nations de football a été transformée sur les deux dernières décennies, en l’un des rendez-vous humains les plus attendus et les plus courus de la planète. Or, la deuxième édition en terre camerounaise après celle de 1972, sera une édition révolutionnaire avec le passage de seize à vingt-quatre équipes participantes.

A vingt-quatre équipes, les enjeux sont nettement plus élevés. Le prestige pour le pays organisateur du défi de l’inédit relevé ; la crédibilité étoffée pour les institutions en place, après le succès d’un tel évènement, aussi bien en interne qu’auprès des divers partenaires extérieures, avec tout ce que cela comporte alors comme implications sur le plan politique, social et économique ; de manière directe et locale, il est indéniable que le contexte sociopolitique et sécuritaire actuel, enlaidi par différentes crises, connaitrait certainement une embellie certaine, donnant au peuple camerounais, une nouvelle occasion et surtout un mobile fort pour réchauffer et lustrer le très précieux concept d’unité nationale, après avoir vibré autour des victoires sportives, bien au-delà des stades de football et des hôtels abritant les délégations officielles. Même l’impact touristique n’est pas l’aspect moindre de cet évènement.

Les ennemis de la République du Cameroun, ceux qui s’escriment depuis la nuit de leur enfer à mettre le feu et à faire couler du sang dans toutes les rues et ruelles du pays, tiennent donc en cette compétition sportive, ou plutôt en son échec au cas où, l’opportunité idoine de toucher du bois, de traîner une fois de plus dans la gadoue, la fierté de tout un peuple, plus que celle de l’homme qui le « guide » si délicatement depuis des décennies, Paul Biya, leur cible première.

Seulement, il faudra que ces voyous d’un autre acabit se donnent encore et toujours un peu plus car, il n’y aura pas qu’un homme à défaire, mais bien toute une Nation qui est debout, suffisamment édifiée sur toutes ces manœuvres qui n’ont pas d’autre but que de la mettre complètement à genoux, prostrée devant la pieuvre impérialiste néocolonialiste. Une bête décidée de reconquérir tous ces « gisements » qui tendent à s’affranchir du contrôle de l’ancien maître.

Du coup, pour retomber sur la principale raison de cette séquence, le silence de la CAF après ce post truqué et l’agitation qu’il a suscitée, plonge une fois de plus ces activistes dans le désarroi. Eux qui croyaient déjà tenir une petite occasion de ridiculiser le pouvoir de Yaoundé. Pour le moment, le Cameroun tient toujours sa CAN, et les chantiers sur le terrain connaissent une évolution des plus satisfaisantes, attendant une ultime mission d’inspection de l’instance faîtière du football continental.

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