Secteur agricole. Des chaînes de valeur agricoles pour doper la croissance

Cette préoccupation est au cœur d’un atelier régional ouvert mardi 31 juillet 2018, à Douala par le ministre de l’Agriculture et du développement rural.

Olivier BOKALE

Les pays de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (Ceeac) sont en ordre de bataille. Les questions inhérentes à la faim, les problématiques du chômage des jeunes, la recherche de la compétitivité et d’une croissance économique soutenue et durable, sont autant de difficultés auxquelles ils font face. Et la solution à cette équation passe par l’amélioration qualitative et quantitative des produits agricoles et le développement des chaines de valeur régionales pour booster le commerce intra-africain. Cette idée constitue la trame de fond de l’atelier régional ouvert le ,31 juillet dernier à Bessengue-Douala, par le ministre de l’Agriculture et du développement rural (Minader), Henri Eyebe Ayissi.

Pendant trois jours, les participants venus du Cameroun, de l’Angola, Gabon, Congo, Rdc, Rca, Sao Tome et Principe, Guinée Equatoriale, Tchad avaient à cœur de rassembler des informations sur les critères de sélection des chaînes de valeur prioritaires et les produits priorisés des Etats membres. Une initiative du Bureau de recherche et de développement des cultures vivrières en zones semi-arides (Safgrad).

Il était donc question d’examiner et de convenir des critères de sélection, d’initier un processus commun sur les modalités de mise en place des comités régionaux et continentaux de produits agricoles. Toute chose qui permettrait, selon le ministre Henri Eyebe Ayissi, « d’accélérer la croissance et la transformation agricoles sur le continent, en droite ligne de la déclaration de Malabo de 2014 qui recommande l’amélioration des moyens d’existence, le renforcement du commerce intra-africain, l’industrialisation et la promotion de l’intégration ».

De ce point de vue, les produits agricoles serviraient de pôles de développement pour l’intensification de la production et le développement de l’ensemble de la chaîne. En rappel, la déclaration de Malabo sur laquelle repose cette initiative ambitionne « d’éliminer la faim, tripler les échanges intra-africains, promouvoir des systèmes agricoles résilients au climat… », avance le Coordonnateur de l’Ua-Safgrad, Dr Ahmed Elmekass. Autant dire que l’Union Africaine via le Safgrad fonde beaucoup d’espoir sur les travaux de Douala qui devront valider les chaines de valeur agricoles dans la zone Ceeac.

Pour rappel, les chaînes de valeur agroalimentaires visent à accroître les avantages concurrentiels des tissus productifs locaux. « Une chaîne de valeur n’est ni plus ni moins qu’un partenariat étroit entre différents maillons de la chaîne d’approvisionnement, dans le but de répondre aux demandes des consommateurs et de créer de la valeur et des profits », explique Roger Blein. Pour ce chercheur français, pour la première fois en Afrique de l’Ouest et du Centre, les producteurs ont en face d’eux un réel marché en raison de la croissance de la demande induite par la croissance démographique, de la hausse du pouvoir d’achat et de l’urbanisation.

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