Mouvement sécessionniste. “Odeshi” et tramadol, pour vaincre la peur de tuer

Un rapport spécial des  Réseaux d’information régionaux intégrés (IRIN) publié le 2 août 2018, décrit comment les amulettes et des drogues inhibent tout sentiment de peur chez les sécessionnistes.

Anaïs FOUMANE

«Certains combattants utilisent des drogues qui les motivent à aller sur le terrain ; ainsi, ils n’ont plus aucune crainte en eux» : la déclaration est d’un chef de guerre sécessionniste qui a requis l’anonymat tel que le précise le rapport spécial publié ce 2 août par IRIN, un réseau d’informations. Le recours aux drogues est en effet une pratique courante au sein des milices sécessionnistes qui pullulent dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest. Un moyen de motiver ces jeunes parfois à peine  sortis de l’enfance et qui ne saisissent pas vraiment le bien-fondé de la lutte  qu’ils mènent. La consommation des drogues est pourtant proscrite par Cho Ayaba, un responsable de l’ambazonian defence forces, ADF. Conscient de l’effet hallucinogène et nocif des drogues, il ne voudrait surtout pas que ses soldats entachent l’image de son “armée” par des crimes commis sous l’influence de la drogue. Malheureusement comme le fait remarquer le chef de guerre cité plus haut, le commandant Ayaba est loin, il est en Europe, et ne maîtrise pas la réalité du terrain.  Un terrain où il faut à tous les prix imposer sa présence et sa loi. Le challenge est souvent plus ardu et macabre que les “informations” vicieusement distillées par les activistes de la toile pour contenter une horde de “suiveurs”. Sur le terrain, il faut se soumettre à l’ordre républicain ou risquer sa liberté, et parfois sa vie. Sur le terrain, il faut souvent décapiter, amputer, violer, tous ceux qui se réclament d’un courant fédéraliste ou unioniste, les Black legs. Ce sont ces réalités inconnues du “commandant” Cho Ayaba, qui rythment le quotidien des combattants et qui imposent la consommation de drogue entre autre outils de combat.

A côté de la drogue, les bandes armées sécessionnistes se livrent à des pratiques mystiques qui selon leur témoignage ont de nombreuses vertus. Lorsqu’ils prévoient un assaut, les combattants sécessionnistes se munissent d’armes, de colliers, de bracelets, des plumes d’oiseaux  et autres amulettes. Ces artifices permettent selon le chef de guerre, d’être invisible, de bloquer les balles d’un fusil, ou encore d’agiter les balles ennemies. Le rituel Odeshi fonctionne si certaines conditions sont remplies; la légitimité de la cause et un régime alimentaire qui exclut certains aliments. Malheureusement comme reconnait avec regret le chef de guerre, les combattants sont généralement indisciplinés et il est de plus en plus difficile de garder le contrôle sur les 1500 hommes qui constituent l’ADF. Plus de 6 groupes armés parallèles ont essaimé dans ces régions et entre les produits hallucinogènes et les amulettes odeshi, les sécessionnistes ne semblent plus avoir aucune limite dans leur folie meurtrière.

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