Libération des chefs traditionnels à Buea. Mobilisation payante contre les sécessionnistes

Le maire et les habitants de cette ville ont bravé la peur pour faire face aux séparatistes. Cette démarche courageuse a porté du fruit.

Pierre NGOM

Certains habitants de Buea, capitale de la région du Sud-Ouest, sont pour quelque chose dans la libération de sept chefs traditionnels en captivité depuis le début du mois de juillet dernier. Le 29 juillet, avec à leur tête, Patrick Ekema Esunge, le maire de la ville, ils avaient donné 24 heures aux groupes armés pour libérer ces autorités traditionnelles. Le 30 juillet, les chefs Bakweri reçus ce 3 août tour à tour par le ministre de l’Administration territoriale (Minat) et le Premier ministre chef du gouvernement, retrouvaient la liberté. Le lendemain, ces citoyens organisaient en plus une marche patriotique. A l’occasion, ils ont redit leur adhésion et leur soutien à la République, marquer leur désaccord face aux exactions commises par les sécessionnistes. « Oui au Chef de l’Etat. Oui au respect des institutions publiques et oui à la promotion de l’Unité nationale », ont-ils notamment brandis au cours de cette manifestation. Ces populations de la ville de Buea ont par ailleurs exprimé le refus de se plier à l’opération des « villes mortes » que voudraient leur imposer les groupes terroristes.

A la Primature, Patrick Ekema Esunge a confirmé qu’il avait investi beaucoup de temps et d’énergie pour la libération des chefs traditionnels. « Nous avons rallié toutes nos forces pour voir comment nous pouvions sortir nos dirigeants traditionnels de la torture », a expliqué l’édile municipal. « Le premier rôle du maire est d’assurer la paix sociale dans sa municipalité », a-t-il justifié avant de promettre qu’il multipliera ses efforts pour assurer la paix et éradiquer le phénomène des enlèvements dans la municipalité. Cet engagement est à saluer et devrait servir d’exemple aux maires des autres localités en proie à la violence des séparatistes.

Les leaders traditionnels libérés, qui ont fait preuve de la même bravoure, ont de ce fait reçu, par l’entremise du Premier ministre Philemon Yang, le message d’encouragement du Président de la République, Paul Biya. Au maire de Buea, le Minat a assuré de l’accompagnement de l’Etat. Paul Atanga Nji a d’ailleurs rassuré le magistrat municipal que sa demande de renforcement des troupes dans la ville sera transmise au Chef de l’Etat, Chef des armées. Les sécessionnistes méritent en effet d’être combattus avec la dernière énergie. Chaque jour qui passe, ces barbares franchissent en effet le seuil de l’intolérance. A leur actif : kidnappings et meurtres des religieux,  chefs traditionnels, éléments des Forces de Défense et de Sécurité, fonctionnaires et autres paisibles citoyens ; viols de plus de 1.450 jeunes filles, âgées de 11 à 14 ans ;  destruction des biens publics et privés… Des actes qui ne sauraient rester impunis, dans n’importe quel pays du monde.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *