Filière Cacao. La relance en marche

Après le choc de l’effondrement des cours enregistré dès la fin de l’année 2016, les chiffres de la dernière saison cacaoyère montrent un retour progressif à la sérénité.

Pierre NGOM

La saison cacaoyère 2017-2018, s’est achevée au mois de juillet dernier au Cameroun.  Et selon le bilan fait par le Ministère du Commerce (Mincommerce), on enregistre un accroissement de la production nationale. La production commercialisée est en effet passée de 231.642  tonnes lors la saison 2016-2017 à 253.510 tonnes lors de la campagne qui s’achève, soit une augmentation de 21.868 tonnes. La relance de la filière se voit aussi sur la qualité. Les quantités de fèves exportées en Grade I ont par exemple progressé de 713%. Elles sont passées entre les campagnes 2016-2017 et 2017-2018 de 1099 à 8933 tonnes. On observe par ailleurs une meilleure valorisation locale de la fève camerounaise. Les volumes transformés par l’industrie locale sont passés de 33.023 à 53.403 tonnes entre les deux dernières campagnes. Le Mincommerce estime à 130.000 tonnes le potentiel de transformation local à court/moyen. Des opportunités donc en perspective sur ce segment d’activité.

De bonnes nouvelles donc pour la filière qui sort progressivement de la période de morosité consécutive à la chute des cours sur les marchés mondiaux survenue en fin d’année 2016. Cette chute (- 29,8% en moyenne en 2017, selon la Banque mondiale), due à une offre excédentaire, d’une part, et à une demande en-deçà des attentes d’autre part, avait frappé de plein fouet le secteur provocant une baisse de 14% de la production. Au cours de cette période, la filière cacaoyère nationale a cependant fait montre d’une  grande résilience. Et ceci grâce aux mesures hardies prises par le gouvernement. Ces mesures ont consisté, entre autres, en la réduction de 50% du montant de la redevance à l’exportation, en l’instauration d’une prime à la qualité et en l’implantation, par le biais du Conseil Interprofessionnel du Cacao et du Café (CICC), des Centres  d’excellence de traitement post-récolte du cacao dans certains bassins de production.

C’est sous un vent d’optimisme que la prochaine campagne, prévue du 1er août 2018 au 15 juillet 2019, s’ouvre. Le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, la place d’ailleurs « sous le signe de la consolidation des acquis et de l’inscription résolue de la filière dans la voie de l’excellence qualitative ». L’évolution des cours sur le marché international incite en effet à l’optimisme. On y assiste à une amorce de la remontée des cours. Selon la Banque Mondiale, les cours du cacao qui se sont dépréciés en 2017, ont significativement rebondi depuis le début 2018 de près de 20%.

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