Campagne Présidentielle 2018. Des financements illicites pour Cabral Libii ?

Au mépris de la réglementation camerounaise, le candidat du parti Univers mobilise des fonds auprès d’associations étrangères, pour financer les activités de son mouvement politique.

Olivier BOKALE

C’est une affaire qui accable le « Macron camerounais ». En lice pour l’élection présidentielle d’octobre prochain, Cabral Libii est soupçonné de recourir à des financements illicites pour sa campagne électorale. Il s’agirait de fonds mobilisés auprès des bailleurs étrangers. Le scandale est révélé par le journal 60 minutes, un bihebdomadaire digital basé à Yaoundé. Pour bien comprendre l’affaire, il faut remonter au mois de juillet 2018. C’est à cette période que des soutiens du jeune candidat, masqués dans la diaspora et regroupés au sein du mouvement 11 millions de citoyens France, ont décidé de lancer une campagne de collecte de fonds sur la plateforme Helloasso. Leur objectif : mobiliser 100.000 euros, soit 65,5 millions de FCFA pour participer au financement de la campagne du candidat de 38 ans, investi par le parti politique Univers. Les récents pointages de cette opération font état de 11.758 euros déjà mobilisés. Soit 7,7 millions de FCFA, représentant 11 % du montant recherché. Helloasso fait par ailleurs savoir que cet argent est le fait de 195 donateurs qui ont déjà manifesté leur générosité. Seulement cette levée de fonds tombe sous le coup des dispositions de la législation camerounaise en matière de financement des partis politiques.

Financements français

En effet, cette campagne de collecte de fonds à partir de la plateforme Helloasso est une « violation flagrante de la loi électorale » en vigueur au Cameroun. A la vérité, si le Code électoral en vigueur au Cameroun n’est pas contre le crowdfunding, il proscrit tout de même toute forme de collusion avec des intérêts étrangers. L’article 278 de ce Code prévoit à cet effet qu’il « est interdit à un parti politique de recevoir des subsides et des financements provenant de personnes, d’organisations, de puissances étrangères et/ou d’Etat étranger ». Il n’est un secret pour personne que Helloasso est une association française. Elle a vu le jour en 2013 et elle s’est considérablement développée grâce à l’intérêt de François Hollande, le Président français de l’époque, pour l’économie numérique. « Helloasso fait partie des premiers projets à être soutenu par l’Elysée dans le cadre du programme « La France s’engage », porté par le Hollande, ainsi que par le ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports. Ce programme vise à accompagner le changement d’échelle des projets d’innovation sociale en France », renseignent les cofondateurs de cette plateforme. En clair, Cabral Libii collecte des fonds auprès d’une association française. Ce qui est interdit par le Code électoral du Cameroun. Et pour ne rien arranger, rien n’indique qu’il n’y a que des Camerounais qui participent à cette collecte de fonds.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *